23 septembre 2005


Don de 16 photos de mai 1848

Don de 16 photos de mai 1848
Suite à leur venue pendant les journées du patrimoine, la famille Laureys a offert ces petites photos précieuses. Ils étaient locataires de la femme du boulanger madame Virginie Gonnet. Ils font partie de la famille de la femme de monsieur Michel, notre fidèle correspondant qui en est très fier d’avoir servi de médiateur. C’est affectif des photos de famille, tout un moment d’intimité est révélé et nous, en agrandissant les photos scannées, on fait un état des lieux des dégradations en 1848.

Des femmes se promènent avec des amies, de la famille par une chaude après-midi selon leurs tenues vestimentaires, elles se dorent au soleil en bavardant.
C’est émouvant de découvrir la petite Françoise de 4 mois, (c’est écrit derrière la photo), prise dans les bras de sa mère devant les façades. Cette femme de la cinquantaine n’avait plus aucun souvenir en visitant. On la voit toute joufflue sur un lit dans la salle à manger reconvertie en chambre, indice : derrière on voit les fruits peints.
Sur le promenoir aujourd’hui disparu, nous découvrons une femme avec drapé classique. Elle apparaît juste sur la tête d’une habitante : une apparition de vierge ? incroyable mais vrai c’est une statue !
En regardant d’autres photos, il y reste des socles de statues qui ont disparues. Il y en avait 12 à l’origine.
Les promeneuses descendent à l’Orangerie avec le bébé dans les bras et nous pouvons ainsi découvrir la margelle décorée de la fontaine aujourd’hui bétonnée, où l’eau malheureusement est tarie. Les baies de la salle voûtée sont murées.
Des hommes jouent devant l’appareil photo d’une amie. Le jeune père est devenu grand père et pendant notre visite, il raconte au groupe d’une dizaine de personnes qui ont le privilège de nous accompagner. " La villa des magnolias était plus propre à notre l’époque, il y avait des fruits et des grands arbres dans les jardins ".
La boulangère avait fait coller du papier mécanique sur des panoramiques peints à la main, des œuvres rares. Il ne comprends pas, le vieux n’avait pas d’importance à son époque clamant haut le modernisme. Sa femme le fait taire, impressionnée que sa maison soit devenue un monument historique et cette foule de 400 personnes qui vient admirer les lieux. Il est vrai qu’après la période clochard 65.74, les fuites dans le toit ont sacrément détruits les décors. Je tente de lui expliquer, qu’il vaut mieux laisser les décors dans leurs jus d’origine que de repeindre abusivement. Mon pari est de sauver les décors peints, papiers et toiles marouflées aux plafonds. Lui il voit des fissures et pense avec son bon sens pratique que le plafond du salon va finir par nous tomber dessus un jour. En 24 ans, 7 plafonds sont tombés, le poids du plâtre mort entraîne les lattes de bois et craque en période humide et chaque hivernale, j’ai peur pour tout ce plâtre toujours pas restauré avec des injections.

Marc a scanné la récolte de photos cinquantenaires avec minutie. Nous pouvons ainsi observer les détails des fenêtres de la cuisine qui vont être reposée en novembre par M. Ode d’ART-BOIS. Ainsi nous savons qu’il y avait 5 carreaux de haut. Ce témoignage sert très concrètement à restituer à l’identique la construction d’origine.
Découverte dans le jardin d’hiver: les fenêtres aux vitrages brisés par les deux explosions du dépôt de munition pendant les deux dernières guerres. On voit lamentables des teintures déchirées et plus aucun vitrage ! Seuls restent les fers de support de vitrages de couleur. Une petite fortune à reposer sur une façade de bois de 10 m de long sur des chassis de 6m de haut… Ce jardin devait être mirifique !

Cadeau photos d'habitants en 1848