25 août 2005

Parc Régional de Chartreuse, zonage ?



Zonage du Parc Naturel Régional de Chartreuse
Le courrier du jour qui fait sourire avec une bonne nouvelle.
Pour la première fois, le Parc de Chartreuse a voté une subvention (1300 euros) pour les 150 ans d’histoires dans un monument et l'originale exposition de " Sculptures de jardin " qui allie le béton à l'imaginaire de 11 artistes.
Le tourisme culturel découvre avec plaisir notre microcosme d’art et patrimoine.

Une présidente: Madame Giraud, est venue inaugurer l’exposition le 4 juin et écouter l’aubade des troublantes voix d'hommes de la Solorma. Nous avons redemandé officiellement au parc, la révision du zonage pour englober les douves des fortifications qui descendent de la Bastille et l’ancien parc de la Casamaures. Incroyable, notre municipalité signataire des communes du parc avait " omis " d’englober le site de la Guinguette : 6500 m2 d'espace vert.
Ce qui fait que nous sommes cités pour le tourisme culturel dans tous les documents, mais paradoxe, c'est impossible de demander via le parc des subventions en zone Leader européenne pour replanter les jardins par exemple.
La révision du zonage pourrait faire cesser notre enclave problématique. Encore une histoire de limite de 3 territoires (St-Martin-le-Vinoux-Grenoble-Parc de Chartreuse).
Sur la " Route des savoir-faire", la Casamaures est le premier monument historique cité en sortant de Grenoble. Son style mauresque fait sourire les Chartroussins. Il n’y a que 5 monuments en englobant les contreforts du massif dont le Château du Touvet dans la vallée du Grésivaudan. Les typiques moines du monastère de la Grande Chartreuse doivent soupirer dans leur désert de forêt.


Exposition 2ème édition de " Jardins de sculptures à la Casamaures "
Création in situ du végétal à l’Or gris.
Inauguration sous la présidence de madame Eliane Giraud, Présidente du Parc naturel régional de Chartreuse, conseillère régionale avec nos invités les élus de Saint-Martin-le-Vinoux. Discours de Monsieur Guillet Revol, M. Ribeaud, conseiller général du canton. Geneviève et Georges nos administrateurs ont présentés les objectifs artistiques de notre association et les 11 artistes de Chartreuse.

" LA SOLORMA " un groupe vocal de 9 chanteurs chantaient a capella des "Chants du monde "autour de l'ami Jojo au grand cœur.
Ils adorent les résonances de la salle voûtée et reviennent chaque année pour des répétitions en direct, tout l’après-midi, c’est un plaisir partagé ces voix d’hommes qui s’échappent en rythme d’un espace d’exposition de plein air.
Les titres font sourire et invitent à un vaste jeu de piste pour découvrir les oeuvres dissimulées dans des clairières de jardin.
Monique Navizet " I.II.III béton ", colonnes totems 04.
Catherine Mamet " La Baraka ", gardien bleu 04.
Christian Blanchard," Colonne N°66 ",
Christine Coblentz " Les Zestes ", germination 04.
Marie Odile Eymard.Duvernay, " Germes ",04.
Dominique Lemaire "les Gorgones rouges ", grandes mires 04.
Joël Bressand " Outils sauvages ", polygone étoilé bleu outremer 04.
Alain Bourdel "Le Guetteur", la funambule du soleil 04.
Laura Taily " Femme " une Vénus noire
Etienne Borgo " Moulage d'un homme de béton bleu "
Les œuvres sont vivent printemps, été, automne, trois saisons dans une nature évolutive. Généreusement des artistes ont fait dons de leurs créations 2004.
Ainsi les jardins de sculptures se mutent au fil des saisons, des années.
L'association fête cette année mémorable 20 ans de créations dans ce décor atypique sur les contreforts Ouest de la Chartreuse

16 août 2005

Chute de plafond, une ministre sous la pluie

Monsieur Idelon toute pendant trois jours d'aout, ponce le plancher du hall sous l'escalier. Quand je suis arrivée, il y avait un trou jusqu'aux caves. Cet artisan réveille des souvenirs hépiques comme celui du 29 octobre 1989.

Chute plafond de l’escalier, suspens d'un siècle de poussière!
Un quatuor d’amis marseillais bravant la pluie diluvienne qui tombait, eurent la bonne idée de venir voir une soirée épique avec une Installation " Glieder Bau de Gayal Grusek Lutza ". C’était la cohue sous une marée de parapluie. Tout mon stock de sacs poubelles était distribué aux spectateurs. Défiant l’électrocution sous des parasols, les appareils de sonorisation souffraient. Une bande son d’une goutte d’eau qui tombe amplifiée sur un sol, était agrandie aux limites auditives du supportable.
Sur le parvis, sous un vaste treillage de câbles d’ascenseur, l’artiste avait accroché des cubes de glaçon sur laquelle elle projetait des films, évènement éphémère, magique fluidité.
Lorsque l’appareil de projection a fait tout disjoncter, nous eûmes peur d’hydrocution avec tous les câbles au sol, mais il y avait une telle ambiance, et cette foule d’artistes, de marginaux enthousiastes qui glissaient dans la boue des jardins.

Mêlée à la cohue de noctambules, une ministre assistait dépassée par les évènements naturels et humains. Le maire M. Cornu qui avait eu la bonne idée de l’embarquer dans cette galère, m’a demandé la permission de lui faire découvrir les intérieurs du monument. Privilège impossible à refuser, politesse oblige pour une ministre auprès du ministère des Affaires étrangères. Malgré le manque d’éclairage en intérieur ma
dame Edwige Avice. Madame la ministre était ravie de l’insolite situation. (Il paraît qu’il ne faut pas écrire de nom de personnage public dans un blog, tant pis c’est aussi une témoin…)
Son groupe d’hommes en costumes si civilisés , curieux regardaient de partout avec vigilance. A la porte de sortie, en partant vite sous le cortège de parapluies noirs, ils m’ont broyé la main, un peu trop énergiques. Les copains ont ri de ma naïveté. C’étaient des gardes du corps, si anxieux de cette situation anticonformiste. Et la ministre pleine d’humour, m’encensa de félicitations, malgré sa coiffure trempée et ses chaussures de ville toutes crottées, l’élégance parisienne douchée par un samedi très arrosé, très provincial.
Tard couchés, nous dormions du sommeil récupérateur des bienheureux, quand la première détonation réveilla en panique la maisonnée.
De l’étage Patricia hurlait à sa sœur Murielle en bas: " Dis pourquoi tu tousses ?
L’attentat a raté la ministre ? C’est une attaque de fantôme ? avec cet accent du sud qui nous fait tant rire, elles dédramatisaient la situation. Un siècle de poussière tombait dans l’escalier. Du pas des portes des chambres, nous essayions de comprendre les bruits et cette masse de poussière envahissante. Des lourdes plaques de plâtre se détachaient des lattis du plafond sous le toit en bruits sourds, inquiétants en brisant sur les marches. Gorgé d’humidité, le vieux plafond tombait neuf mètres plus bas pour un spectacle de nuit réservé aux initiés.
Les quatre marseillais riaient, quelle bonne organisatrice de week-end sportif à la montagne : la pluie du millénaire, la ministre impromptue et maintenant le plafond qui nous tombe sur la tête !
Il n’empêche que tout le dimanche, tout le petit monde par amitié a aidé à déblayer des brouettes de gravats. Tous noirs de poussière, épuisés et enchantés des aventures locales:

Gilles le kalif riaient sous ses bacchantes : Quel suspens de vivre dans une belle ruine !

Quant les gens s’exclament, " Quelle chance vous avez de vivre dans cette belle maison ", ils ne savent pas tous les coups durs qu’il faut dépasser, le travail de fourmi, la patience et résistance pour continuer d’embellir ce rêve de demeure pas fonctionnelle et inconfortable (4 pièces de chauffées l’hiver).
Les envieux critiquent, veulent croire que nous sommes payés par le ministère de la culture avec le leurre de la plaque : Monument Historique. Il y a une méconnaissance totale des contraintes amenées par cette reconnaissance d’intérêt public. C’est totalement l’inverse, les mécènes, les habitants qui offrent toutes ces heures, journées, années de labeur. Et de plus, sont obligés de travailler à l’extérieur pour ramener des salaires pour payer les artisans spécialisés… la moitié du patrimoine français est sauvé par des privés et des associations.

09 août 2005

Saint'Amour

9 août sur les calendriers chaque année, c’est inscrit la Saint-Amour.

Dans le Jardin d’hiver, les lustres de Lili-jolie sont éclairés projetant des dentelles d’arabesques en ombres qui jouent sur les murs. La grenouille sculptée du bassin de marbre blanc glougloute son jet d’eau rafraîchissant. Les sept poissons rouges nagent sinuant entre les racines du grand philodendron sur une chorégraphie en volutes fascinantes. La collection de cactés du monde de Jean Pierre Bayle se défend par des épines aiguës de toute visite enfantine, Des parterres aux moulures reconstituées l’été dernier grimpent une forêt de Yuccas, des avocatiers. Le sol en trompe l’œil de cubes ou d’étoiles incite à sauter à cloche-pied sur les étoiles de carrelage teinté.
J’entraîne Yannis le fils adoré d'Anne Surot. A trois ans il aime découvrir les lumières des salons que j’éclaire magiquement sur son passage d’un coup de télécommande que Maikel m’a donné. A distance, je peux m’amuser à faire taire la grenouille ou l’éclairer. J’aurai envie que tout l’éclairage soit magique, sur un claquement de doigt. Une musique s’élève de la volière déclenchée par des détecteurs de présence... En boucles toute la journée, je passe des CD d’enregistrements d’oiseaux achetés au Muséum d’histoire naturelle.
Nous sommes de drôles d’oiseaux.
Il y aurait un blog à faire avec tous les participants des 24 picniques de la Saint amour. Dans le décor de la Cas'amore, boire du St Amour tout en dégustant des délices du palais, des surprises gustatives allusion avec humour à toutes les formes de ce sentiment exquis (de l'amour maternel à l'amour vache, du romanesque au désamour, que d'annecdotes à vivre).
Saint Amour est un mirage comme St Glin Glin qui sont digne d'être célébrés dans notre oasis utopiste.

Nous rions encore de la surprise de l'année passée "Le mariage de Jacky et Jacqueline Sardat". Leur cortège d'amis et enfants portant un gateau géant en chocolat: le petit train de Grenoble avec les mariés en pate d'amande.
Adrien fils de François Mondot leur a improvisé un spectacle de jonglage. Il dansait avait des boules transparentes. Les lumières de l'Orangerie se reflétait dedans. J'avais l'impression qu'il jonglait avec une cas'amore miniature. Un pur moment de magie, partagé entre vrais amis...

(Deux jours que je suis morte-vivante: empoissonnement de trop de médicament, le foie hurle, la tête cogne, le cervicales brûlent, un poignard est ancré dans mes lombaires, mon dos est bloqué de rigidité douloureuse. Et pourtant que de rires sous le grand patriarche magnolia. L’éclairage des bougies romanesques accroît le plaisir d’entendre dans une chaise longue, les itinéraires sentimentaux de chacun, les voyages, les amours d’un soir et de toujours qui font oublier les galères de chômage, les factures et les impôts!).