17 mars 2005

Deux classes de l’école Village sont descendues du côteau par la rue de la Libération. De loin on a entendu le pépiement exité des photographes amateurs venus en reportage dans une maison aux couleurs de l’arc-en-ciel…
La transformation de l’Orangerie en une chambre noire géante sert de mystérieux laboratoire aux lampes rouges. L’alchimie de la transformation du papier blanc en image fascine les petits qui adorent les expérimentations. Christophe Huret essaye de contenir l’enthousiasme des galopins qui courent de partout dans les jardins avec leurs boîtes à lait transformée en appareil magique pour saisir les facettes immatérielles de ce décor bâti sur 4 niveaux. Des fillettes posent très sérieuses. Les copines sont ensuite surprises de se retrouver toutes blanches, sens inversé, avec les déformations des rambardes qui se contorsionnent en envolées lyriques. Le charme désuet des sténopésphotographies défie le réalisme. Ils apprennent à voir, à prendre le temps de sélectionner un fragment, le cadrage d’une scénette.
Les garçons s’approprient la grande moto de Jeff et les filles des parterres de fleurs. Elles posent très sérieuses adossées à une colonne ou devant les cadrans solaires peints.
En notre période de jetable, de photos numériques, ils apprennent le temps de créer et développer des images comme il y a 150 ans au milieu du XIXe siècle.
Ils posent, essayent de ne pas bouger tout en comptant à voix haute jusqu’à 49, un exercice de calcul imprévu qui demande un très grande concentration. Tous les jardins s’égayent de rire. Des instants poétiques déclamés en chiffres font des échos sur les terrasses. C’est une belle journée d’échappée de classe en vacances sous le chaud soleil du printemps. Les premières fleurs: violettes, jonquilles, narcisses, jacinthes pointent en sortie frileuse de l’hiver. Il y a juste une semaine, c’était un jardin de neige.
Les complices petits nains de jardins se chuchotent des secrets et se penchent l’œil expert vers les végétaux, les coquilles d’escargot, trois coquillages égarés. Ils chassent des trésors miniatures. Les deux poissons un rouge et un albinos nagent en vedette dans le petit bassin miroir du grand magnolia. Mes petits voisins du côteau du Belvedere sont devenus des explorateurs des détails d’ornement d’un monument.

photographes-explorateur