18 janvier 2005

Macro regards et odeurs d’oranges
Deux autres séries "les yeux dans les jardins de la Casamaures "representent des prises de vues 2004.
Selon les saisons, elle se penche au niveau du sol et mitraille des microcosmes du monde végétal du jardin. Le mixage est étonnant entre la beauté d’un ilôt d’iris bleu, et une feuille de magnolia tombée sur un paillasson bleu. Elle jubile de mixer l’authentique et le synthétique. Une poignée de fraises brillantes réveillent une gourmandise soudaine, alors qu’un main de jardin caché dans un rosier joue le complice espion d’un petit monde de fleurs et de faune. Ce génie échappé de la lampe d’Aladin veille aux curiosités des petits visiteurs qui le découvre anachronique dans les épines de rosiers. Ils remarquent les poissons rouges dans les bassins. Chaque printemps Baptiste remet des grenouilles dans le bassin des parterres hexagonaux. Leur concert m’amusent, la mémoire des contes d’enfance resurgit vite dans ce vaste décor, y a-t’il un prince envoûté qui sera reveillé d’un baiser. C’est la demeure des conteuses depuis Catherine Zarcate et les contes des mille et une nuit en 1998. Des sous francs et euros mêlés brillent au fond, ces porte-bonheur lancés avec des vœux si intimes font rêver dans quatre petites pieces d'eau, des miroirs de la nature. D’après les archives, il y avait 11 bassins et fontaines, que de projets pas encore réalisés pour les recréer…

Un grand oranger est transformé en arbre de Noël orné de boules brillantes, de guirlandes de Carambars. Un zoo de peluches s’y niche pour les tous petits.
Sur les autres agrumes, les oranges mûrissent magnifiques boules d’odeurs de gâteaux, de salades de fruits. Les quatre pots de petits orangers de Chine, sont ornés de petites boules oranges malheureusement amères. Il manque un asiatique gastronome pour nous donner la recette pour les faire cuire.
A ma surprise, je vois Nicole accrocher directement ses précieuses photos sur les grandes épines de l’Oranger qui date des jeux Olympique de 1968. Un cadeau des jardiniers de Grenoble. Par ce geste elle montre a quel point elle désacralise ses oeuvres, une demarche loin des photographes professionnels obsetionnel du cadre et des paralaxes.
Elle accroche une mosaïque de clichés d’oranges décorées par ses mamies pour les fêtes. L’oranger devient un arbre à photos d’oranges virtuelles. Elle mêle le vrai à sa transfiguration en image. Sans discours, ni concept, instinctivement elle installe son monde de moments choisis, de fragments de matière symbolique.
Dans l’atelier de pâtisserie pour les fêtes, des mains ridées ont laborieusement ont percé les peaux de clous de girofles, elles devaient sentir bon des senteurs d’Orient, des épices de Zanzibar. Notre animatrice fait aimer la vie chez les personnes si âgées du centre de jour de Saint-Martin-d’Hères. Sur ses photos, leurs rides n’atténuent pas leurs sourires provoqués par de petits plaisirs des chants, des gâteaux, des gestes du cœur qui font danser leur mémoire. Elle fait profiter collectivement de l’heure présente, son nom devrait être Nicole Carpe Diem.

L’Orangerie sert l’hiver à protéger la petite collection d’agrumes. J’aimerai avoir un budget pour acheter les grandes caisses façon parc classique pour mieux protéger ces végétaux venus des pays du soleil. J’aime quand ils sont en fleurs car toute la salle voûtée sent bon. En y entrant, les enfants s’exclament " hum, il y a des gâteaux, de la pogne? ". Quand aux femmes, les senteurs évoquent les fleurs d’oranger des couronnes de mariage.

Orangers et boules de Noel