30 janvier 2005

Stage de Sténopéphotographie

Dimanche 9h, malgré le froid cuisant, retour de l'équipe clic clac photo.
Ilona, Pierre, Gérard, Marie-Odile, Christine, Odette entourent Christophe Huret qui les initient au regard dans la boite noire tout en parlant de l'écart entre la réalité et le surréalisme de certains clichés qui métamorphosent les espaces extérieurs du monument, en décors ombrés du noir au blanc, où les lignes droites deviennent des arabesques fantasmagoriques. Nous devenons les rois de la bricole et de la récupération. "La technique est le privilège des Dieux", cite Gérard l'œil goguenard sous son béret de Châlon-sur-Saône.
L’Orangerie est transformée en atelier de fabrication des boîtes noires pour l'opération délicate du perçage du trou, à peine perceptible à l'œil, dans du laiton.
- Peinture à la bombe en noir de l’intérieur de la boîte de récupération percée d’un trou réalisé avec une perceuse.
- Ponçage avec une toile émeri très fine .d'un morceau de 2cm carré environ de laiton.
- Perçage avec une aiguille d’acupuncture de cet œilleton de 2mn de large.
- Obturateur: un simple scotch noir assure une fermeture réversible.
- Fermeture du couvercle avec un plastique noir (enveloppe de papier photo). Mieux encore, pour les grands formats, le rajout de jupette en plastique noir de récupération pour les sacs d'ensilage....

Autour de café et thermos de thé, l'équipe photo transforme l'Orangerie en ruche créative centrée sur deux activités.
- L'atelier de fabrication d'appareils à sténopés. Je fabrique une tirelire, une boite de panetone avec les rois mages peints dessus, et la "malle de Joseph Jullien Cochard" retrouvée en 1981 dans la cave à l'abandon.
- Le laboratoire de tirages de photo à un seul exemplaire, en négatif... En écartant les lourds rideaux noirs, on découvre une ambiance clandestine avec lumières rouges. Dans les bacs jaunes flottent les papiers vierges qui du blanc d'origine virent par alchimie a toutes les gammes de gris jusqu’au noir. Un bout de papier qui saisie un fragment authentique du décor des jardins de la Casa photogénique. Magie, magie!
"Mais où est passée la jarre de Chine ? s'exclame Christine. Il ne reste que son col et une grille de montée d'escalier hallucinante d'envolées de courbes. Pourtant la vraie rambarde est rectiligne et peinte en bleu outremer. Les déformations dues à la boîte ronde rendent cette image surréaliste. Les lumières s'estompent du noir au blanc, avec une netteté incroyable du premier plan au sommet de la terrasse des rosiers d'or. Il y a des flous esthétiques avec les herbes de la pampa qui s’agitent sous le vent. Toutes les textures végétales sont très graphiques, même les feuilles de bananiers recroquevillées par le gel. Les collections de magnolias, de cédres du Liban, jouent aux ombres chinoises. Les glycines, actinidias deviennent lianes qui inspirent le style nouille, 1900. Les trois tonnelles structurent l’espace aérien des plantes grimpantes. Il manque leurs odeurs et leurs fleurs. A l’emplacement exact des prises de vue, le 2 avril, une exubérance fleurie rendra grâce aux parterres d’un jardin ornemental.
Les nains de jardins courent pendant deux jours sur les trois niveaux de terrasses, 9 personnes toutes habillées de bonnets et habits de randonneurs pour ce défi aux froid sibérien. Les montagnes sont magnifiques recouvertes de neige. Chacun choisit son coin privilégié, calle sa boite au raz des feuillages ou sur des trépieds de fortune. Le compte à rebours commence pour le temps d'exposition, puis rapidement chacun rentre en courant développer son trésor dans la chambre laboratoire. Cette photo n'aura qu'un seul tirage en négatif, un unicum. Toutes ces pièces uniques constitueront une mémoire des lieux. Un dimanche de grand gel de fin janvier, les trois pièces d'eau offrent un miroir de 10cm d'épaisseur de glace. Je plains les poissons rouges qui hibernent dessous.
En fin de journée, nous posons devant la fontaine pour un portrait de groupe grâce au numérique. Nous sommes très dignes, si fiers d'avoir personnalisé nos boîtes à sténophotographies!

29 janvier 2005

Photographie au sténopé

29
Initiations à la photographie au sténopé
La Casamaures et ses jardins seront le "cadre et le sujet" des travaux d’amateurs à la recherche du savoir-faire des pionniers de la photographies. Christophe Huret organise deux stages destinés à des artistes, plasticiens, enseignants, (le 29/30 janvier, puis le 26/27 février).
-"Photographier à l’aide d’un appareil à sténopé (petit trou pratiqué dans une boîte, la transformant ainsi en chambre noire d’appareil photographique), fait comprendre le travail de dessin fait par la lumière sur la surface sensible. C’est également se doter d’un outil pédagogique et créatif pour aborder la photographie autrement. Se donner du temps pour faire ses photographies fait oublier pour un moment les critères de la "bonne" photographie. Les objectifs du stage font mieux comprendre à l’aide d’expériences la fabrication d’une image dans une chambre noire tout en fabriquant son propre appareil photographique à sténopé (ex une boîte de café ou boite ) lait en poudre percée d’un obturateur).
Cette pratique inventée au milieu du XIXe siècle est réactualisée avec des moyens simples et ludiques qu’apprécieront les 49 enfants de l’école du village".
En mars, ils viendront profiter également de l’atelier bricolage d’appareils photos et redécouvrir les mystères de la chambre noire "la camera obscura".

La salle de l’Orangerie sera transformée en laboratoire d’expérimentation car chaque tirage est une œuvre unique. Toutes les prises de vue dans le monument et ses espaces extérieurs constitueront un état des lieux 2005. Certains clichés sélectionnés serviront à reconstituer un parcours restituant les endroits exacts des prises de vue.
Pour la rencontre du 2 avril, cette exposition sera un beau cadeau d’anniversaire pour les 20 ans de La Casamaures d’hier et d’aujourd’hui.

***Contacts avec le photographe: Christophe Huret
11 cours Tréry. 38470 Vinay - Tel/Fax 04 76 36 86 40
Messagerie christophe.huret@dial.oleane.com
***
Un premier stage de Sténopéphotographie
Photographie au moyen d’appareils dans lesquels l’objectif est remplacé par un sténopé (quelques dixième de millimètres d’ouverture). L’image est d’autant plus nette, que l’ouverture est petite. (v chambre noire). -Larousse XXe-
Préfixe sténo et du Grec ops = œil instrument photographique qui se compose d’un disque percé d’un trou infiniment petit. Et qui remplace l’objectif

La découverte de la chambre noire
" Pourquoi lors d’une éclipse de soleil, si l’on regarde à travers un tamis, un feuillage ou à travers deux mains entrelacées, les rayons se projettent-ils sous la forme d’un croissant lorsqu’ils atteignent le sol ? Est-ce pour la même raison que la lumière forme une tache circulaire lorsqu’elle passe par un trou rectangulaire ?
L’explication est la suivante : il y a deux cônes de lumière, le premier entre le soleil est le trou, le second entre le trou et le sol, dont les sommets se rejoignent ".
Voilà ce qu’écrivait Aristote (384 -322 avant Jésus Christ), dans le livre connu sous le nom de " problèmes ".
Ibn-al-Haitham né en 935 à Bassora, célèbre astronome arabe, développa cette observation . Ce père de l’optique fut surnommé Ptolémé le second.

De quand date la première photographie ?
Etè 1823, Daguerre invente le daguerrotype
Nov 1855 selon un journal anglais de Liverpool, premières photographies sans objectifs de M. Berry et l’américain Masher dont ils se moquent des portraits...

28 janvier 2005

Mail de l'amie Annie

Le lyrisme annicien s'exprime à la façon de Flaubert

Ain-dar-Criss ou les yeux de la maison de Criss

"Un art consacré uniquement à la modulation des lignes qui s'étirent, s'entrelacent et se caressent, sans signification qu'elles-mêmes, musique abstraite, méditation éternelle" Marguerite Yourcenar

Cette maison, revêtue de colonnades et d'arabesques, se trouvait entre l'autoroute et une ruelle aboutissant à l'Isère. Extérieurement, elle s'élevait au sommet d'une succession de trois niveaux. Au niveau le plus élevé, une terrasse reliait le jardin d'hiver à l'étroite cuisine où Criss et ses amis, dans la lumière filtrée des jalousies en bois, se tenaient assis autour d'une table carrée de bois exotique. Sous la bande de lambris morisque s'alignaient deux couchettes d'acajou à angle droit. Les murs marbrés disparaissaient sous les images et les objets, souvenirs d'événements heureux et de passions partagées.
A l'autre bout, par la porte entrouverte, on pouvait apercevoir les mosaïques bleues de la salle d'eau".

27 janvier 2005

27 janvier historique

150 ans d’Histoires secrétes
20 ans de protection de l’architecture par le ministere de la culture
20 ans d’activités culturelles de l’association


Le 27 janvier 1855, Joseph Jullien dit Cochard acheta un terrain: LA GUINGUETTE au bord de l’Isère, bordé par la voie royale et les futures fortifications de l’octroi de Grenoble. C’est l’acte fondateur à l'origine de toutes les aventures matérielles et humaines vécues dans un oasis alpin. Au début maréchal ferrand comme son grand-père, cet autodidacte fit fortune dans le commerce des peaux (gants de Grenoble). Il organisait le transport de fourrage pour les chevaux et de la nourriture pour alimenter la ville de garnison où stationnait l'armée d'Orient. Avec sa deuxième femme Marie Jeanne qui tenait une boutique de Mode place grenette près de leur appartement, ils partirent se faire bâtir une campagne sur le coteau de vignoble de Saint-Martin-le-Vinoux, "une demeure de style néo-mauresque" entourée d’un arboretum, de jardins en terrasse orné de onze statues et pièces d’eau.


Cette belle ruine de villa mauresque rachetée en mars 1981, renaît grâce aux chantiers de restauration. Il y a "20 ans", en juillet 1985 à la Préfecture de Lyon, l’inscription à l’inventaire des monuments historiques fut votée à la grande surprise de tous les riverains. Puis le dossier est monté au Ministère de la culture à Paris. En 1986 La Casamaures a été classée monument historique car dans l’histoire de la construction française, cette architecture orientaliste en premier béton est unique. Les anciens aident à reconstruire son histoire depuis les explosions du polygone. Les enfants plantent des cèdres du Liban, des jardins de fleurs bleues. L'école du village viendra prendre des photos au sténopés. Une technique du XIXe pour constituer une exposition, un état des lieux ce ce palais des 1001 et une nuits.


L’association La Casamaures d'hier et d'aujourd'hui fêtera ses "20 ans d’activités" le 2 avril Elle privilégie les initiatives de créations artistiques mêlant des savoir-faire ancestraux et leur réactualisation. Dans la salle voûtée de l’Orangerie, siège de l'association, il y a peu d’années les fuites d’eau coulaient, le parc exotique était dénaturé mais aujourd'hui des sculptures de jardin sont créées. La protection des abords devrait faire espérer la renaissance d'un écrin de verdure sur les contreforts du parc régional naturel de Chartreuse.

Les mails associatifs partent avec ce programme de printemps, ainsi nous verrons qui parlera ou pas d’un mirage qui perdure depuis 150 ans au bord des routes !

26 janvier 2005

Territoires superposés

+ de 48% du patrimoine français est sauvegardé par des privés et des associations.

14h 30 Réunion en mairie de Saint.Martin-le-Vinoux pour demander l’extension du zonage du Parc Naturel de Chartreuse jusqu’à l’enclave des 6500 m2 de l’ancien parc de la Casamaures avec les élus de STMV et l’élu à la culture du parc.
Nous discutons de l’image de marque d’une architecture unique dans l’histoire de la construction française, qui " n’est pas porteuse électoralement " a répété un maire. Nous évoquons les difficultés des porteurs de projets, des initiatives personnelles avec un relai minimal des diverses institutions. (Par exemple impossible d’obtenir des aides de la Région, de l’Europe avec Leader + dans le parc).
En fait, nous sommes sur une superposition de territoires : commune de ST.M.V., à 100 mètres de Grenoble, sur le parc Régional, dans la Métropole des 27 communes et dans le département de l’Isère. Toutes ces institutions pourraient être des partenaires complémentaires pour la valorisation du patrimoine…

Mais ce qui est très curieux, c’est leur silence en 2004.
Comment interpréter cette censure tacite pour ne pas passer l’information des 3 sélections officielles obtenues en 2004 ?
Ni les deux revues municipales : En Bref, Nouvelles de Grenoble, ni le Métroscope, ni le petit’Hibou de Chartreuse, ni Isère actualité n’ont annoncé aux habitants ces nouvelles pourtant très positives. Quelles sont les raisons des rédacteurs en chef et des élus en charge de l’information publique des habitants ?

Nous avons eu l’honneur de recevoir trois reconnaissances : nationale, régionale et départementale au printemps, suivi d'un silence incompréhensible dans les médias institutionnels locaux. Incroyable mais vrai, le bilan 2004 est une belle moisson avec trois sélections pour l’originalité des activités de notre association dans un monument atypique:
* en national avec M. Aillagon au Ministère de la culture et la Direction du patrimoine, le 21 janvier.
* le Conseil Régional Rhône-Alpes a sélectionnés avec Patrimoine Rhonalpin parmi toutes les associations patrimoniales de 8 départements, la Casamaures d’hier et d’aujourd’hui , qui a reçu "le 1er prix du savoir-faire de l’Or gris ", 24 avril à Lyon:
* en départemental, le " Prix Jardins " de l’ass. nationale Vieilles Maisons Françaises. Les déléguées départementales ont choisis 2 jeunes jardiniers en BTS au lycée horticole de Saint-Ismier. Ils ont présentés deux projets de réhabilitation de l'ancien parc exotique de la Casamaures.
C’est un palmarés inouï, passé localement quasiment sous silence, (à part le DL, les Affiches, Présences magazine et des revues régionales ou nationales).

25 janvier 2005

Homme ou femme de l’année 2005?

Lettre à Bruno Jalabert, président du Club de la Presse
Suite à l’infos du Bon à Tirer : Recherche du candidat Homme de l’année 2005?

Premier candidat, à titre posthume, nous avions pensé à un illustre inconnu, le sieur Joseph Jullien Cochard qui marqua l’histoire locale en 1855. En 2005, nous célébrons: 150 ANS D'HISTOIRES AU COEUR DE LA CASAMAURES
Le 27 janvier 1855, le grenoblois Joseph Jullien Cochard acheta un terrain: LA GUINGUETTE au bord de l’Isère, Ce bâtisseur d’utopie passe commande aux meilleurs artisans pour une demeure hommage à la nature avec des vergers et arboretum, des jardins en terrasses. A l’intérieur un grand Jardin d’hiver de 9 mètres de haut avec une facçade de bois qui fait illusion aux maisons du Bosphore. Dans le salon, des panoramiques représentent la baie d’Istanbul, les papiers sont peints à la main avec des oiseaux exotiques. Dans la salle à manger ce sont des natures mortes de fruits exotiques avec en arrière fond, des palais oniriques. Dans son oasis bati sur les contreforts du massif de Chartreuse, il planta un oasis d’essences végétales rares malheureusement détruit par la négligence des hommes.

Deuxième personnage atypique: " Jacques Sardat, notre Président ". Un autre grenoblois qui depuis ses études à l’école des Beaux-arts de Grenoble fait parfois grincer des dents avec des caricatures cuisantes en bon sentinelle des citoyens pour une info peu institutionnelle. Par ailleurs, Cled'12 fait rire avec ses dessins projetés en direct dans des conférences de scientifiques ou des réunions d’association. Jacky émeut avec son personnage de dessinateur en direct lors des spectacles du " collier de la Joconde ". Ses jeux de mots (dans le Métroscope) font se casser à la tête aux amateurs. D’autres ont le privilège d’avoir goûté ses gâteaux-sculptures en forme de délicieux appareil de photo géant ou de Casamaures en chocolat au Musée Dauphinois pour le lancement du guide de l’Or gris du grand Grenoble en 1993. La pièce montée en petit train en chocolat animé de personnages en pâte d’amande, marquera son mariage du 9 août de la Saint amour à la Cas’amore. En 1001 facettes, ce caméléon est un témoin engagé de l’histoire locale de son temps qu’il illustre avec un grand sourire et un regard rieur sous des lunettes asymétriques, c'est un générateur d'humour et d'amitié.


PS : Sachant que dans cet îlot artistique urbain, des femmes depuis 150 ans donnent vie avec résistance et pertinence au palais des mille et une nuits, bienvenue pour enquêter sur le roman des grenoblois et grenobloises dans le décor d’un orient alpin

22 janvier 2005

FEUERZANGENBOWLE

Dans la vallée, il pleut un deluge depuis trois jours, les larmes de toute la tristesse des guerres dans le monde. Il ne faut plus lire regarder les médias tant l'humanité est en violence sur tous les continents.
Paradoxe dans les Alpes, sur les sommets la poudreuse doit réjouir les milliers de skieurs.
Un reflexe inoui de vie anime la Casa. Y a qu'en même de la joie ici bas!
Des odeurs de gateaux réjouissent les papilles dans nos trois cuisines. Le téléphone sonne... nous attendons des rois et des reines de pacotille, des couronnes de pognes de roman, des bugnes au sucre de zest d'orange, des gateaux sculptures en forme de jeux qui regalent les regards.

18h30, Au seuil de la nouvelle année, première rencontre avec présentation des projets du printemps: 1855 à 2005 : 150 ANS D’HISTOIRES A LA CASAMAURES.
Nous faisons un discours à trois voix avec Jacques Sardat le président et Jeff en pointe d'humour en contrepoint. Nous comprenons à la centaine de rires qui fusent que la bonne humeur est au coeur de notre rencontre, malgré les mouchoirs, les rhums, la grippe tous sont habillés en hivernales, c'est un défilé de chapeaux.

Nicole est toute émue est appuyée contre une colonne. Ce vernissage d’exposition de macros photos signées Nicole Allosio-Mathieu est une belle rencontre d'amitié. Des amis débarquent témoins de 23 ans de rencontres festives, les artistes se racontent en projets 2005.

Moment convivial avec le FEUERZANGENBOWLE, un punch chaud concocté par mes voisins Andréa et Maikel, une tradition de la Sarres. Le rhum coule sur un petit pain de sucre sur une spatule spéciale. Le sucre flambe et coule en feu dans la marmite d'alcool aromatisé, un délice.
Bien sur un plateau de petits verres de karkadé est servi; la boisson nationale égyptienne, de l'ibiscus rouge réchauffe pour cette rencontre bravant les frimats de janvier.
Des planches de TOC sont les sujets d'exposition. Les invités arrivent avec une dizaine de tables de jeux à Bamaco sur Isère, toutes sont des créations dont leurs propriétaires sont très fiers de leurs qualités de constructeurs décorateurs. Genevieve offre trois manotocs de minuscules jeux en patte d'amande de l'ère de la manotechnologie.
A 20H: Tournoi international de jeux de TOC.
J'ai acheté deux bocs en or comme lot pour les 2 gagnants partenaires, en plus de 20 nounours en chocolat comme lots de consolation pour nos amis allemands et la visiteuse Russe... A minuit les trois dernières tables de joueurs décident que "Les bocks d'or" sont remis en jeu pour le prochain tournoi au printemps.

Je suis heureuse que l'année commence en joie mêlant jeux et rires en palabres sur l'art buissonier.
La pluie a fait une acalmie juste pour notre soirée, elle retombe de plus belle aux premieres heures du dimanche, sous le déluge c'est presque l'arche de Noè échouée sur les berges de l'Isère. On devine que le manteau blanc neigeux viendra de nuit nous transformer en boule
Le monument tout éclairé apporte sa part de mystère, une belle nocturne sur l'album de photos.

18 janvier 2005

Orangers et boules de Noel

Macro regards et odeurs d’oranges
Deux autres séries "les yeux dans les jardins de la Casamaures "representent des prises de vues 2004.
Selon les saisons, elle se penche au niveau du sol et mitraille des microcosmes du monde végétal du jardin. Le mixage est étonnant entre la beauté d’un ilôt d’iris bleu, et une feuille de magnolia tombée sur un paillasson bleu. Elle jubile de mixer l’authentique et le synthétique. Une poignée de fraises brillantes réveillent une gourmandise soudaine, alors qu’un main de jardin caché dans un rosier joue le complice espion d’un petit monde de fleurs et de faune. Ce génie échappé de la lampe d’Aladin veille aux curiosités des petits visiteurs qui le découvre anachronique dans les épines de rosiers. Ils remarquent les poissons rouges dans les bassins. Chaque printemps Baptiste remet des grenouilles dans le bassin des parterres hexagonaux. Leur concert m’amusent, la mémoire des contes d’enfance resurgit vite dans ce vaste décor, y a-t’il un prince envoûté qui sera reveillé d’un baiser. C’est la demeure des conteuses depuis Catherine Zarcate et les contes des mille et une nuit en 1998. Des sous francs et euros mêlés brillent au fond, ces porte-bonheur lancés avec des vœux si intimes font rêver dans quatre petites pieces d'eau, des miroirs de la nature. D’après les archives, il y avait 11 bassins et fontaines, que de projets pas encore réalisés pour les recréer…

Un grand oranger est transformé en arbre de Noël orné de boules brillantes, de guirlandes de Carambars. Un zoo de peluches s’y niche pour les tous petits.
Sur les autres agrumes, les oranges mûrissent magnifiques boules d’odeurs de gâteaux, de salades de fruits. Les quatre pots de petits orangers de Chine, sont ornés de petites boules oranges malheureusement amères. Il manque un asiatique gastronome pour nous donner la recette pour les faire cuire.
A ma surprise, je vois Nicole accrocher directement ses précieuses photos sur les grandes épines de l’Oranger qui date des jeux Olympique de 1968. Un cadeau des jardiniers de Grenoble. Par ce geste elle montre a quel point elle désacralise ses oeuvres, une demarche loin des photographes professionnels obsetionnel du cadre et des paralaxes.
Elle accroche une mosaïque de clichés d’oranges décorées par ses mamies pour les fêtes. L’oranger devient un arbre à photos d’oranges virtuelles. Elle mêle le vrai à sa transfiguration en image. Sans discours, ni concept, instinctivement elle installe son monde de moments choisis, de fragments de matière symbolique.
Dans l’atelier de pâtisserie pour les fêtes, des mains ridées ont laborieusement ont percé les peaux de clous de girofles, elles devaient sentir bon des senteurs d’Orient, des épices de Zanzibar. Notre animatrice fait aimer la vie chez les personnes si âgées du centre de jour de Saint-Martin-d’Hères. Sur ses photos, leurs rides n’atténuent pas leurs sourires provoqués par de petits plaisirs des chants, des gâteaux, des gestes du cœur qui font danser leur mémoire. Elle fait profiter collectivement de l’heure présente, son nom devrait être Nicole Carpe Diem.

L’Orangerie sert l’hiver à protéger la petite collection d’agrumes. J’aimerai avoir un budget pour acheter les grandes caisses façon parc classique pour mieux protéger ces végétaux venus des pays du soleil. J’aime quand ils sont en fleurs car toute la salle voûtée sent bon. En y entrant, les enfants s’exclament " hum, il y a des gâteaux, de la pogne? ". Quand aux femmes, les senteurs évoquent les fleurs d’oranger des couronnes de mariage.

15 janvier 2005

Installation d'une expo ludique

Ce Samedi 15 janvier, accrochage avec de la patte-à-fix

Des petites boulettes jaunes fixent à même le mur d’enduit de chaux, des séries de photos. Des portraits de jeux de TOC, ce sera une expo festive, ludique, historique…
Depuis des années sur la terrasse du magnolia, à la belle saison, les joueurs profitent de cet espace tout en riant, s’échangeant les dernières infos de films et spectacles, les malheurs de santé et les petits bonheurs. Et les projets pétillent tout en jouant ou buvant du karkadé, du thé à la menthe, en sabrant les bouteilles de cidre ( le sabre de notre arrière-grand-père, un meylanais grognard dans l'armée Napoléonnienne, médaillé de Saint-Hèlène)…

C’est la face cachée de la maisonnée où habitants et amis prennent le temps de parler, dialoguer. Un cercle d’amis proches qui se racontent leurs derniers voyages. Bizarre mais dans cette architecture dédiée depuis 150 ans aux voyages imaginaires en Orient, étrangers et amis viennent souvent raconter leurs aventures dans d’autres culture.
A midi, Annie est venue pour un petit tajine. De retour de trois semaines de " didactique des mathématiques "au Vietnam, les anecdotes de ses virées en motos avec ses étudiants nous surprennent dans Ho Chi Min surpeuplé. Depuis des années elle intervient dans des échanges de savoir inter-universités. Les différences de culture, de problèmes de langues sont émaillés de gestes de gentillesse, ne hospitalité rare avec des échanges de cadeaux. Elle est invitée dans les familles de ses étudiants mais n’a jamais le droit d’entrer dans leur petite cuisine. C’est bien la meilleure façon de voyager à la rencontre des gens, tout en leur apportant des techniques sur l’apprentissage des mathématiques. La révolution de l’informatique change les données dans le monde. Elle a passé le jour de l’An entourée de familles aux yeux bridés, aux grands sourires qui sont des énigmes pour nous.
Un séjour tout en s’informant des drames du TSUNAMI. Tous les jours on en parle, dans tous les médias et dans les conversations. Comment aider autrement que par l’argent? Le comble sont ses touristes qui continuent à aller sur d’autres plages, est-ce pour soutenir l’économie des pays dévastés ou égoïstement maintenir allégé leur budget ? C’est inimaginable d’aller en vacances dans des pays en deuil. Pourtant des européens continuent d’aller au chaud-pas cher-en plein hiver…

Au café, Nicole arrive avec des enveloppes de ses collections d’images et nous descendons à l’Orangerie pour l’accrochage de son exposition. Chaque série est installée sur une table. Puis les photos retournées à plat, face contre le bois, nous posons 4 petits petites boulettes jaunes qui aideront en toute simplicité à fixer les photos. La grande discussion de l’équilibre des photos est posée. Je propose que la hauteur de référence soit fixée à l’épaule de Nicole qui devient un étalon de hauteur (comme au Moyen-Age avec le pieds, la coudée, le pouce… La renaissance est la grande époque du nombre d’or que nous utilisons toujours en créant les cadrans solaires). Comme un jeu d’alignement, la pose des images est constituée de façon plus ou moins régulière. C’est un montage artisanal, volontairement sans mètre, sans niveau. Comme les prises de vue, une spontanéité déborde des cadrages. On est loin de la rigueur géométrique des photographes professionnels maniaques ou le compas dans l’œil des commissaires d’exposition de musée et de galerie. Notre trio vit dans le plaisir de voir s’afficher tous ces portraits de tables jeux et détails de mains qui posent une bille. Un jeu d’identification commence : qui jouait ce soir là ? sur le jeu de qui ? Une mosaïque de couleurs de bille attire l’œil. Matières, brillances, décors peints ou pyrogravés, ce n’est pas un reportage sur les jeux, mais des focalisations sur des détails. Andréa qui sort du coiffeur,vient observer ses deux tables en patte-de-verre ou surprise elle découvre fascinée des billes en or. Je connais ainsi son prochain cadeau des billes d’or et d’argent, un luxe pour la jolie maman de ma petite princesse de voisine. Sur des tables bleues, les jeux réels seront aussi exposés sur des tables, avec des billes et des cartes. De plus, ce vernissage transformera les lieux en salle de jeux pour les initiés, une étonnante soirée en perspective.
Un tournoi international de TOC s’annonce.

14 janvier 2005

mail GG Bagdad sur Isère

Mail de Geneviève de Meylan
Les multiples papiers administratifs de fin d’année 2004 pour l’association sont remplis, meilleurs vœux de décorticage aux studieux destinataires!
Dans la cuisine qui a vécu et entendu mille et une histoires depuis bientôt 24 ans et presque 150 ans à l’origine, nous continuons à passer en revue les points techniques, entre le Fax qui marche mal, l’alarme de l’Orangerie suite au cambriolage… Le projet d’aménagement de toilettes au niveau de l’orangerie pour l’association qui est théoriquement si simple à concevoir et pratiquement de l’ordre de l’exploit avec la communauté des communes nos voisins mitoyens depuis 1997, sachant que cet équipement collectif est indispensable pour le public (plus de 4 000 visiteurs en 2004).

Je sors sur la terrasse enneigée, suivie par Criss. Accoudées au garde-corps en dentelle de béton, nous restons toutes les deux contemplatives : face à nous, les deux pyramides l’Epérimont et le Pieu forment des triangles en ombres chinoises en surimpression sur un fond de dégradé du jaune d’or au rouge flamboyant. A leur droite, nous balayons du regard la neige vaporeuse des crêtes montagneuses du massif du Vercors qui se détachent d’un ciel chromatique variant jusqu’au bleu outremer piqueté des premières étoiles du soir. Un énorme croissant de lune est posé dans ce tableau grandeur nature.
C’est une beauté à couper le souffle. A la " Cas’amore " nous évoquons souvent d'Orient alpin. L’évidence est à portée de l’œil: l’un en Egypte, l’autre dans les Alpes.

Trop vite, nous retombons violemment sur terre : Le fil lumineux continu des feux rouges des véhicules en direction du Pont de la Bastille et blancs en Direction de Lyon par l’autoroute qui passe à moins de 50m du monument nous interpelle. Le vrombissement des voitures abrège les adieux.
" Petit papa Noël, pour les années prochaines, apportez à nos enfants des " trains tram antipollution " et pour 2005 des toilettes nichées dans une serre au niveau de l’Orangerie. Remerciements anticipés ". Cette lettre virtuelle va rejoindre les autres dans ma poche pour prendre la direction de " La poste ".
Tel un cobra, je pars m’immiscer et onduler dans les bouchons du soir, pour l’ordinaire aventure "La traversée de Grenoble polluée".

Note de la claviste
Eh oui, la recompense des heures de bénévolat est visuelle!
Les visiteurs consommateurs culturels sont loin d'imaginer les heures non salariées pour le bon fonctionnement d'une association avec une seule permanente emploi jeune.

13 janvier 2005

GAZETTE DES CASAMAURIENS

Jeudi La gazette de l’association est envoyée pour les voeux associatifs
Fourmi laborieuse comme d’habitude j’ai rassemblé toute la collecte d’informations. Jacky a rédigé son édito de président, Cled’12 a fait une caricature de caméléon. Geneviève et Sophie ont mis les adresses sur les enveloppes timbrées et tamponnées. 300 personnes peuvent ainsi lire chaque trimestre les aventures résumées d’une association qui résiste depuis 20 ans en fonctionnant avec des clopinettes.

Incroyable association qui fête 20 ans de résistance au numéro 13.
( 1er avril 1985-2005)
" Mille et un merci pour ceux qui ont su témoigner de leurs encouragements, donné de l’huile de coude, du temps, des idées créatives… Sans l’association, le découragement face à tant de coups durs matériels, financiers ou humains, aurait fermé cette demeure au public.
Cette gazette est en forme de merci pour une mosaïque d’artistes, de partenaires associatifs, d’adhérents. Elle est peuplée de noms qui égayent la maisonnée le temps d’un stage, d’un spectacle, d’une exposition ou d’un jardinage... " Criss

***
MERCI A TOUS LES ARTISTES AU CŒUR DE L’HISTOIRE DE LA CASAMAURES
SCULPTURES DE JARDIN prévue pour un trimestre, elle joue les prolongations en 2005.
Merci pour les grands cadeaux des artistes/
Catherine Mamet : une main de fatma en béton gravé pour apporter la baraka aux jardins.
Monique Navizet: "Colonnes d'emblèmes casamauriens".
Joël Bressand mon ami des beaux-arts devenu président des artistes de Chartreuse avec ses "Polygones étoilés" accrochés en haut du mur de la Résistance et une collection: In Memoriam en fragments de tilleul de Sully de 4 siécles.
Et la création continue avec Dominique Lemaire qui agrandit sa collection de mires" dans les jardinières de roses d'or de la terrasse et le toit des entrepôts riverains Le Bon Lait. Quant à Christine Coblentz, Alain Bourdel, Philippe Barbe, Christian Blanchard merci pour l’énergie créatrice qui ont su souffler dans notre ilôt artistique urbain.
A demeure il y avait déjà des sculptures de Vincent Gonthier, Jean Louis Bernard, Fabienne Ichtchenko, Blandine Leclerc, Colas, Christine Coblentz, Jean Rosset…
Des photographies sont devenues des archives suite à 23 ans de chantiers: Christophe Huret, Louis Sotto, Pierre Grall,A.M. Louvet, Patrick Blanc,Jo Ichtchenko, Lelong, Delahaye…

Les organisateurs de 3 Festivals, ont amené des photos numériques de la canadienne Ginette Bouchard, des danseurs d’Afrique Faustin du Congo et des musiciens globe-trotters Sema Yala...
En février Zone IP, ass. Fluid Image. En Septembre La Ruée vers l’art organisé avec l'ass. Art dans désir avec Faustin du Congo. En Octobre: Rocktambule musique de STRIGALL antoine Stripolli et Philippe Fontaine…

11 janvier 2005

Tout un Poëme les vœux

Les mails pour L'Atelier Tournesol rayonnent autour de la notion du temps de la nature. Pour ses vœux Nicole Marquet de la Société Astronomique de France envoie un mail de deux poèmes sur des cadrans, mais qui ne sont pas "solaires"

Les cadrans
Les cadrans ronds des vieilles tours
Ont pour cils d'or les douze signes
Que les aiguilles, tour à tour,
Du bout de leur pointe désignent.

Les cadrans d'or dont les yeux ronds
Clignent des heures pacifiques
Font d'une aiguille léthargique
Marcher le temps qui semble long.
Franz HELENS
***

Le lutin horloger

Il court, il court, sa montre en main,
Par les rues et par les chemins !
Mais qu'est-il en train de chercher
De l'hôtel de ville au clocher ?

Il retourne les sabliers,
Il inspecte les balanciers.
Quartz ou ressort, vite il déloge
L'oiseau caché dans votre horloge

Tic-tac, il avance, il recule
Les aiguilles de la pendule.
Il court, de demeure en demeure,
Chercher midi à quatorze heures.

Jacques CHARPENTREAU
****

11 janvier Vœux municipaux

Dans l’étrange décor d’un gymnase transformé en temple pour l’assemblée des citoyens, des grilles deviennent des paravents en papier crépon avec des dégradés de rose. Le conseil municipal des enfants qui se tiennent très fiers, entoure le Maire et les élus de la commune. Les habitants écoutent le discours officiel avec des commentaires en aparté avec leur voisin lorsque le maire en bon avocat cultivé cite Socrate. L’année passée c’était " J’ai fait un rêve " du pasteur Luther King. Dans son discours concensuel, le vice président délégué de Grenoble-Alpes Métropole ne parle pas des sujets qui fâchent comme la Rocade Nord (pour laquelle il a voté en 1999), qui aggravera les seuils de pollutions sonores et atmosphériques dépassant déjà la norme française ( à suivre gravement ce printemps)... On en reparlera en mars

Tous unanimes écoutent la musique classique qui marque un silence de solidarité pour les victimes en Asie. L’urne translucide pour les votes est transformée ce soir pour que les Saint-Martiniers offrent une obole de compassion, un petit geste de solidarité face au drame démesuré des vagues mortelles du TSUNAMI.

C’est aussi une soirée où la télé diffuse l’évolution de l’homo sapiens, de l'homme dressé, des pierres dressées les méhirs qui forment des alignements indiquant l'equinoxe ou les solstices d'un calendrier annuel. La préhistoire et l’origine de l’art pariétal à quelque 20 000 ans d’écart. L’homme ce roseau pensant aurait trois millions d’années !


09 janvier 2005

MELI MELO au bureau

Le 3 décembre, dans les locaux d’Iris, des amis 20 place St Bruno, Nicole a installé son exposition festive " Meli-Melo au bureau " (qui est encore ouverte aux visiteurs).
Sur un livre d’or, on aurait peut-être écrit tous notre plaisir de passer du bon temps dans l’exposition de dame Nicole l’épicurienne. Alors le lendemain du vernissage, je lui ai envoyé un mail :
" Je suis trés honorée d'être votre amie quand nos regards jubilent en se promenant sur une mosaïque de photos qui nous emmènent en vacances, dans des scènes de la vie quasi surréalistes.
Dans l’exposition nocturne, les fragments de réalité brillent et s'illuminent grâce aux guirlandes qui dansent selon la musique caliente d’Alain maître sélectionneur d'ambiance.

Un jour il y aura peut-être des commentaires écrits décryptant les circonstances des prises de vues, du détail d’humour qui a retenu l'attention jusqu'à l'immortaliser?
Des arrêts sur images révèlent d'autant mieux l’expression des yeux. Dans cette expo, qui regarde qui?
En tout cas, le nombril du monde ne nous laisse pas de pierre.
Cette balade en imageries populaires entraîne jusqu’à la pointe des spatules de ski qui clament un kokorico patriotique.
Et les rires fusaient souvent devant tous ces macros photos riches en nourritures spirituelles. En poires allusives, en tentation fruitées.
L’autoportrait est une signature toute en courbes et rondeurs, une évocation de déshabillage qui nous évoque la chaleur dans les champs de cigales ou sur la plage d’Oléron ou…

Les mosaïques d'images très sensuelles, voir charnelles, s’exposent en toute simplicité collées à même les murs, au grand plaisir d’un parterre d'amis sous haute séduction.
L’ensemble des 80 photos offre une esthétique brillante qui paraît simple à première vue, mais l'œil scrute de si prés en se penchant sur le sujet cadré. Instinctivement Il sélectionne l'essentiel: des artichauts chauds qui brillent de vapeur aux cristaux de neige qui jouent de la dentelle sur du grillage. Cela trahit, il me semble, un regard d'enfant tout émerveillé des milles petites choses du décor de nos vies.
Et cette ode au plaisir visuel éveille les sens et donne faim de bonnes choses, de petits bonheurs glanés.
Le bureau de la dame Méli-mélo nous chuchote en catimini:
"Je t'aime, je te mange des yeux! "

08 janvier 2005

TOC TOC TOC

8 janvier
TOC TOC TOC

Pour les vœux des amis de la Casamaures, l’année commencera samedi 22 avec humour avec " TOC, TOC, TOC " une installation ludique de macros-photographies de Nicole Allosio-Mathieu qui égaye les murs de la salle voûtée où sont stockés la collection d’orangers (expo jusqu’au 25 février).
Elle connaît cette belle ruine de villa mauresque depuis mars 1981. Par amitié, elle était même venue en juillet 1985 à la Préfecture de Lyon, pour l’inscription à l’inventaire des monuments historiques. Puis le dossier est monté au Ministère de la culture à Paris où La Casamaures a été classée monument historique à la grande surprise de tous les riverains car dans l’histoire de la construction française, cette architecture orientaliste en premier béton est unique.
Il y a peu d’années les fuites d’eau coulaient dans les fissures de la salle voûtée de l’Orangerie où hibernent les agrumes. L’association culturelle y privilégie depuis 20 ans les initiatives de créations artistiques mêlant des savoir-faire ancestraux et leur réactualisation.

Tous les montages d’exposition dans l’Orangerie, sont une aventure humaine.
Nicole a choisi son titre d’exposition idéale au seuil de la nouvelle année.
Je scanne la photo quelle a choisi et nous fabriquons avec Jeff l’affiche de Nicole Mathieu-Allosio ou inversement ? C’est le dilemme des femmes mariées qui gardent leurs noms de femme et de fille. Dans quel ordre l’appeler maintenant alors que nous la connaissons depuis 3 décennies de complicité? Cette photo ambassadrice se rependra sur internet comme un petit mystère. L’original dans l’exposition est simple, un détail peint sur une taie d’oreiller transformée en toc jeux de voyage par Anne.

Depuis le cadeau d’Alain d’un appareil spécial pour les macro-photos, elle s’approche de ses sujets comme fascinée par une couleur, un détail d’humour et collectionne des clichés des tous petits riens de la vie. Une autre série d’un œil, un sourire, des fragments de visages qui éclatent de rire, révèlent les bonnes humeurs.

07 janvier 2005

Le Gardien de l'Octroi

Dans le paysage quotidien de tous les riverains de l'octroi de Grenoble, un vieux clochard défie les intempéries. Depuis des décennies, ses feux en toutes saisons fument contre les pierres des fortifications bâties en 1882. Près du poste de garde, des heures entières il est fasciné par les flammes et plongé dans son passé. Assis sur des fauteuils de carton, il pense l'esprit égaré. Des petites souris sortent des meurtrières et viennent grappiller des miettes de pain à ses pieds. Il vit hors du temps sans domicile fixe.

Dans le quartier de la Porte de France, les habitants du quartier ont repéré cet homme âgé. Mystérieux il marche à petits pas à longueur de journée revivant des souvenirs lointains. Abrité sous des auvents de fortune, il se protége de la pluie. Parfois son monologue est agité par des visions de guerre. L'ancienne maison des jardiniers du parc de la Casamaures lui a longtemps servit de refuge sous son toit traditionnel en tuiles écailles. Après l'incendie de cette maison typiquement dauphinoise bâtie en 1787, cette ruine est devenue un triste témoignage du désintérêt pour l'histoire locale. Les anciens racontent la pesée de la balance, les chevaux et des carrioles de paysans qui passaient l'octroi jusqu'à la dernière guerre. Les négoces populaires de la petite Esplanade ont disparu aujourd'hui. Quant aux retraités, ils s'animent en riant de leurs mémorables parties de joueurs de boule à l'ombre des platanes, mais le nouveau parking relai bouleverse inexorablement leur quotidien.

A la frontière de deux quartiers, de deux communes, un homme marche lentement dans l'anonymat des milliers de voitures. Ce marginal arpente son territoire où certains lui offre discrètement du café chaud, d'autres le chasse. Son circuit journalier l'entraîne par la route historique Stendhal où il fait des haltes sur les derniers chasse-roues pour les hippomobiles. Les "73 bouteroues" existent encore à la Montée Saint-Martin un nombre exceptionnel sur environ 1348 pas (environ 700m). Ce mobilier urbain de l'époque permettait grâce à leur 50 cm de haut, de monter plus aisément à cheval ou dans les calèches, Il bornait la voie royale créée par le duc de Lesdiguières en 1620. De la départementale, il monte rue de Vassieux à pas lents chez les sœurs pour un repas chaud dans le village. Il erre en marmonnant des paroles étrangères prés des maisons d'écoles et de l'église de Saint-Martin, jadis entourées d'un côteau de vignoble. Puis l'homme aux multiples par-dessus redescend le quartier du Belvédère par la rue de la Libération, il vit la Résistance par les noms de rue. Jadis Saint Martin partagea son manteau avec les plus démunis. En hiver quelques voisins bienveillants lui apportent modestement des vêtements ou des chaussures pour ses pieds meurtris. Parfois des plats chauds agrémentent son quotidien. Une solidarité discrète se concentre sur un feu de camp où certains voisins bravent l'indifférence des citadins. Il ne demande rien, il vit sa vie de nomade urbain. Il sourit sans répondre aux questions. Il ne sait plus son âge, ses yeux bleus rient en répondant: "le temps passe si vite!". Quelques voisins tentent discrétement de le protéger, lui apportent des planches ou des palettes pour se chauffer, faire sécher ses vêtements. Il s'appuie souvent sur les panneaux de signalétique routière: Saint-Martin-le-Vinoux, les villes jumelées de Ouagadougou ou Brotterode. Des contrées que cet ancien légionnaire aurait pu découvrir. Il fait halte et médite devant le panneau au hibou animal totem du parc régional de la Chartreuse. A Saint Martin de la Porte de France comme c'était écrit sur les cartes postales de 1908, il a fait le choix de vivre libre en plein air. Il aime les rares riverains qui lui disent bonjour en souriant. Dans le froid, le vieux Elmuth marche sur les trottoirs, anonyme comme un passe-muraille. A l'octroi de Grenoble, un étrange homme des bois soliloque, c'est le gardien du vent.

J’ai envoyé ce texte à notre correspondant au DL fin novembe, comme un conte étrange et vrai pour la fin d’année. A ce jour il n’est toujours pas passé. Un vieux SDF à la frontière de deux communes, ce n’est pas un scoop. Par contre si on le retrouve gelé, endormi à vie sur ses marches d’escalier où il dort tous les jours, et bien l’émotion sera populaire et tous les riverains reconnaîtront que c’était un personnage soldat inconnu de notre quartier…

05 janvier 2005

Vrac de voeux

Les vœux de mail affluent quotidiennement de Suède du trio Mikaela, Fredrik et du lutin Elias, ou d’autres territoires comme ceux des globe-trotters Florence et Jean-Luc.

" 2005 bonheurs pour cette année à gérer selon votre rythme " écrit le sculpteur Alain Bourdel qui a laissé sa funambule accrochée sur son câble surplombant deux palmiers. Un personnage de résine qui défit l’équilibre au fil des saisons dans des oasis de verdure de l’exposition " Sculptures de Jardin ".
Christian Blanchard vient de démonter son exposition de novembre " Regards intimes ". Un peuple saisonnier de personnages filiformes a hiberné dans l’Orangerie où les agrumes embaument la salle. Les orangers de chine sont comme des arbres de Noël avec des oranges rouges en guise de boule-de-neige genre soleil couchant.

* Caroline et Pierre de Lyon
"La réalité est ce que nous en faisons, paraît-il...
Très bonne année 2005, pleine de joie, de rire, d'amour et de sérénité".

* Monique Deyres de Voiron
" J'attends avec impatience le moment de découvrir tes iris d'Algérie.....
et serait ravie de mieux connaître les jardins de la Casamaures .
Tous mes voeux de beau, de bon et de meilleur de la vie ".

* Meilleurs voeux 2005 de la part de Anne Favier, Nina, ThÈo, et pierre Grall de leur maison de bambous, prés de Valence.
MIEUX VAUT T‘T
Mieux vaut lard que fumÈe
mieux vaut tarte que pain sec
mieux vaut fard que peau rÍche
mieux vaut gras que chat maigre
Mieux vaut l'art que l'eau tiËde
Et le plus tÙt sera le mieux.
Jacques Gaucheron


* 1001 bonheur à la bonne heure du soleil de la Casamaures
A notre tour, nous vous souhaitons une très bonne année abondante, éclatante, une année emplie de rires de joie faite d'échange, de rencontres surprenantes.
Que 1001 projets se réalisent


** Collection de bonnes phrases dans les papillotes
"Peut-on rire de tout ?
Ma position sur le sujet, c’est que, si c’est drôle, t’as eu raison de la faire !".
Coluche

04 janvier 2005

Le temps des calendriers

Les mails de voeux arrivent avec des centres d'intérets spécialisés comme Nicole Marquet de la société d'astronomie de France.
Le 1er janvier 2005, dans d'autres calendriers :


calendrier julien : 19 décembre 2004
calendrier israélien : 20 Tevet 5765
calendrier musulman : 20 Dhou-Al-Quaida 1425
calendrier copte : 23 Kelkah 1721
calendrier hindou : 11 Pausa 1926
calendrier baha'i : 2 Sharaf 161
calendrier zoroastrien : 17 Dac 1374
calendrier chinois : 16 11eme-mois 4702, Année du Singe dans l'arbre
calendrier romain : XIVe jour des Calendes de janvier, an MMDCCLVIII de la fondation de Rome
calendrier révolutionnaire : 12 nivose An CCXIII de la République

1er janvier 2005 = 12 nivose An CCXIII de la République

03 janvier 2005

Premier lundi d'une année historique

Les iris bleus d’Algérie narguent le grand froid comme une aberration botanique ignorant les frimas des Alpes. Je rajoute de la paille autour des bananiers aux grandes feuilles lamentablement gelées. Les agaves en pleine terre s’enrobent dans un tchador de voile blanc de protection. Le jardin s’attriste mais les feuilles d’acanthes se rebellent en profitant du soleil hivernal. Lorsqu’on passe la Porte de France, c’est un choc visuel de découvrir cette splendeur de la nature que nous offre la chaîne de Belledonne devenue la grande dame blanche où doivent courir incognito les lagopèdes, les lièvres blancs ou le dahu mythique. La neige descend très bas dans les vallées de l’Y grenoblois. Le Néron devient une méga meringue. Cet après-midi j’ai numérisé des dizaines de photos d’archives. Des images kaléidoscopes pour illustrer ce blog. Je revois le photomontage de nos vœux 2003 alors que sa forêt était un volcan de feu. Cette vieille montagne témoin de l’age des dinosaures nous fait revivre des peurs ancestrales des forces gigantesques de la nature.

A la télé passe en boucle la catastrophe du tremblement de terre marin détruisant brutalement des millions de vies humaines. Sur toutes les plages d’Indonésie, la vague titanesque de la mort vient de marquer à jamais la vie des vacanciers occidentaux et plus encore celle des pêcheurs, des populations déjà en survie. Chaque religion pratique ses rituels de deuils. On n’est pas bouddhiste aussi notre impuissance est troublante face à ce drame mondial. Par écran interposé, il est dérisoire de partager par compassion cette inondation de pleurs.

Les associations d’idées s’enchaînent en repensant à Doudart-de-Lagrée qui a découvert le fascinant Tonkin en remontant le fleuve secret. Ce héros colonial du XIXe a son étrange tombeau indhouisant qui a dû aussi prendre son manteau de neige sur un chemin de Saint-Vincent-de-Mercuze, sur les contreforts sud de la Chartreuse. A toute époque, les voyageurs orientalistes remontent la mémoire du temps.
Image: La mère Noël rencontre un vrai Père Noël

02 janvier 2005

Voeux 2005


Nous vous souhaitons de tout coeur
une année 2005 riche en projets créatifs, en bonheur à la bonne heure du soleil de la Casamaures


De 2005 à 1855: nous réveillons la mémoire des murs, des strates du temps pour
" 150 ans d'Histoires de la Casamaures "
Dans un décor du XIXème siècle, en chantiers de restauration depuis 23 ans, nous aimerions partager des rencontres mêlant amitiés, musiques, expos, contes intemporels...