07 décembre 2005

cucurbitacé

Samedi 10 décembre à l’ORANGERIE sous le signe de la courge bleue

14h : RV ACRIRA visite guidée pour 10 personnes de la coordination de " l’Association des Cinémas de Recherche Indépendants de la Région Alpine ".
Les jeunes stagiaires seront à CINEX toute la matinée dans les Entrepôts du Bon Lait où nous sommes invités à découvrir leur production de cinéma expérimental le matin, repas midi avec des membres du réseau " Cinéville ".

* A partir de 15h : "Le monde des courges dans tous leurs états"
à voir et à manger : proposition de l’association BIOCENOCE = l’être vivant dans son milieu…. Jean-Pierre Bayle avait amené la collection de cactés du jardin d’hiver, puis la plantation de la tonnelle d’osier. Il revient en famille de bonne humeur avec quelques amis jardiniers, cuisiniers…
"A fleur de peau de cucurbitacées du monde "
des macrophotographies numériques commentées de Jean Pierre Bayle. Le who’s who expliqué par notre courgeologue : de la sexualité des courges, leurs origines, à des curiosités de petites recettes gourmandes de tous les continents .
- Clin d’œil de photographies de peintures de courges par Christine Coblentz.
- Ballade en 100 photos, 150 ans à la Casamaures, Criss

17H30 : exposition une odeur de vos spécialités culinaires…Jouez avec la couleur, la forme et les multiples goûts de la courge …
Dégustation de tajines aux 4 courges -Jean-Pierre-
de soupe gingembre de courge-cocotte
Pour la dernière rencontre ludique de l’année des membres de l’association, toute surprise est la bienvenue.

Participation : Loteriecourge 2005…
Vente de courge de toutes les formes, couleurs, poids à prix cassés !
(au bénéfice des deux associations… et pour le tirage de photos de JPB)
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" LE MICROCOSME DE LA CASAMAURES "
Un moment privilégié pour découvrir les personnages de la maquette et le travail de minutie de l'association AVIPAR. Imaginez les végétaux du potager, du verger et de l'arboretum...

02 novembre 2005

Mots d'enfants du village

Retour sur l’exposition photos de la Casamaures à la mairie de St Martin le Vinoux

" On est allé à l’exposition des photos qu’on avait faites à la Casamaures, l’année dernière.
Les photos sont accrochées au mur. Il y a une très grande photo qui montre la Casamaures, elle est bleue et c’est ma préférée.
Roger

Désolée maîtresse, rien ne m’a intéressé à l’exposition. Je préfère imaginer.
Félicie

Moi, Sophie, ce que j’ai préféré, c’est la petite photo où la petite file fait sa communion. quelques année plus tard, en dessous, elle se marie.
Camille

Nous avons regardé des tableaux de photos et on nous a donné une petite boîte avec des crayons et un stylo. Après on est repartis en bus.
Mathilde

Sophie, j’ai bien aimé quand tu nous a parlé de la construction de la Casamaures. 150 ans, c’est déjà une longue histoire. Je suis content d’avoir vu le bête sculptée du Grésivaudan.
Amaury

Le plus que j’ai aimé, c’est le ruban qui était à la porte d’entrée, parce qu’il est bleu et joli.
Alexandre

J’ai aimé la photo où il y avait des poutres de ciment et la balustrade.

J’ai bien aimé comment on m’expliquait comment la Casamaures s’est construite et comment les messieurs construisaient des bouts en ciment.

Nous sommes allés à la mairie pour y voir l’exposition de photos que nous avions faites l’année dernière avec les sténopés. Nous y avons aussi vu des tableaux de peinture et des photos d’autres personnes. J’ai trouvé que les photos étaient très jolies. C’est dommage qu’elles ne soient pas en couleur.

Sophie nous a montré des photos de la construction de la Casamaures. Les photos étaient en noir et blanc et très vieilles. Il y avait aussi les photos que nous avons prises avec les appareils que nous avons fabriqués l’année passée.

Nous sommes allés à la mairie voir une exposition sur la Casamaures. Elle a été construite il y a 150 ans. Nous avons vu des photos anciennes et récentes de ce lieu. Par rapport à avant le terrain est beaucoup plus petit.

Sophie, j’ai aimé, j’ai vu les photos et j’ai aimé une vieille fleur de la Casamaures.
Et aussi, j’ai rien aimé d’autre. J’ai vu l’ascenseur et j’ai appuyé sur les boutons verts et rouges. ça m’a rempli la tête.
Anis

Merci Sophie, tout m’a plu mais ce que j’ai préféré c’est le tissu bleu et le dessin de jus de fleurs.
Agathe

J’ai bien aimé la photo de la Casamaures sur une toile.
Sarah

J’ai bien aimé la photo de la Casamaures et le tableau fait avec le jus de fleur. J’ai bien aimé revoir les photos en noir et blanc que nous avons faites en ce1.
J’ai vu mes photos, j’étais contente, j’ai aussi vu ma maison, elle était petite.
Emma F

Moi, j’ai surtout aimé la photo de la Casamaures quand elle était éclairée.
Aussi, j’ai aimé la grande photo du jardin et du monstre.
Emma SP

26 octobre 2005

Maquette de la Guinguette


mercredi 26 octobre: Inauguration de la maquette du parc du monument historique La Casamaures
tout le site XIXe de la Guinguette dont les fortifications de 1884 de Grenoble..

** Visites et rencontre tout l'aprés-midi avec l'association la Casamaures d'hier et d'aujourd'hui qui fête 20 ans d'activités culturelles et l'association AVIPAR

* 14h: Visite guidée du monument: parcours d'1h30
* jusqu'à 18h, en compagnie du maître d'ouvrage depuis 24 ans,
découverte des derniers chantiers de septembre des 55ml de parterres en moulures d'Or gris dans le jardin en terrasse, sous le magnolia grandiflora de 150 ans

* à 18h la Caisse d'Epargne remettra 5 000 euros à l'association AVIPAR
(la réalisation collective par des handicapés de maquettes qui constituent un vaste musée miniature d'architectes remarquables à échelle réduite, en Isère).
En présence d'associations patrimoniales
* de Jean Guibal, conservateur en chef de la Conservation du Patrimoine de l'Isère
* de M. Eddie Gilles-di Pierno, président de patrimoine Rhonalpin avec Pascale Collet, viendra de Lyon
....
"Cette maquette pourra être prêtée pour des expositions itinérantes avec photos d'archives dans les structures culturelles en 2006

** Un monument historique présente sa maquette visible tout l'hiver à l'Orangerie

Deuxio:
Madame Paramelle, l’active présidente me demande une lettre personnalisée qui présente l’histoire des lieux, des associations, la maquette...

La Casamaures: Un monument historique miniaturisé

Pendant l'année des célébrations des 150 ans d’histoires à la Casamaures, le plus beau cadeau restera une maquette représentant la vie en miniature de la villa mauresque dominant un parc, un verger et un potager ainsi que des jardins en terrasses compléments de charme de cette architecture insolite bâtie sur quatre niveaux.
Pour la première fois, une maquette révèle l’écrin de verdure qui entourait à l’origine une villa mauresque construite en " Or gris grenoblois".

En janvier 1855, le grenoblois Joseph Jullien dit Cochard achète le terrain de la Guinguette sujet de sa ruine en 1878. La date significative de 1884 permets aussi de montrer: les fortifications de Grenoble, l’octroi, les douves, la maison de garde, et celle du jardinier, ainsi que la nouvelle route de Lyon le long des berges de l’Isère, qui venaient juste d’être réalisées en limites de cette " campagne ".

Durant une année, un travail minutieux a été réalisé collectivement à partir de photos anciennes, de témoignages, d’archives et d’actes notariés que nous conservons précieusement à l’association la Casamaures d’hier et d’aujourd’hui.
Le résultat est un plaisir pour les enfants de tout âge qui rêvent devant les jardiniers de l’aspergère, les promeneurs dans l’arboretum de collection d’arbres exotiques. La vie en infiniment petit suscite l’étonnement admiratif de ceux qui scrutent les petits canards sur les miroirs d’eau, les détails des fontaines. Oiseaux, chats et chiens vivent en harmonie sur les promenoirs aujourd’hui détruit du petit palais des mille et une nuits. Au coin de la terrasse haute, une dame élégante médite en regardant passer les embarcations sur la rivière. Dans cette maison de lumière, même les moucharabiehs devant chaque arc outrepassé filtrent les lumières. Le jardin d’hiver en bois comme les maisons du Bosphore fait rêver de voyages en Orient. Magnolias grandiflora, cèdres du Liban, ginko biloba offrent leur ombrage au parc exotique.
La maquette redonne les diverses fonctions du domaine au XIXème siècle dans son environnement d’époque. Les carrioles montent la voie impériale de Châlons-sur Saône, dépassent tous les chasse-roues reconstitués à l’échelle. Un troupeau de moutons pature tranquillement à l’emplacement de l’autoroute construite en 1968 pour les jeux olympiques. Les modes de vie des Saint-martiniers renaissent. Grâce à l’observation des détails, les visiteurs découvrent plus d’un siècle d’histoire de l’urbanisation locale.

Cet outil pédagogique est une démonstration du savoir-faire des maquettistes amateurs de l’AVIPAR qui reflète l’engagement de tous pendant cette épopée de reconstruire un microcosme d’une villa néo-mauresque unique en Europe.
La Casamaures est le plus ancien monument historique en béton utilisant les premiers procédés de préfabrication grâce au ciment prompt de la cimenterie voisine du quartier de la Porte de France.
Exposée dans la salle de l’Orangerie depuis les journées européennes du patrimoine de septembre, en un mois plus d’un millier de visiteurs du monument historique l’ont admirée. Ils ont pu poser des questions sur un art de vivre disparu et découvrir l’histoire locale. Les prouesses de minutie étonnent les amateurs. Cette maquette constitue aussi un manifeste qui peut aider à l’avenir à une possible reconstruction de tout cet espace vert exotique aux portes d’ entrée de l’agglomération grenobloise sur les contreforts du parc naturel régional de Chartreuse, (6500 m2 du parc partiellement à l’abandon attendent une revalorisation publique).

- Que tous les doigts d’or, la patience des bénévoles de l’AVIPAR soient chaleureusement remerciés pour créer leur monde de maquettes représentant le plus vaste conservatoire d’architectures anciennes en Isère,
- Que l’espoir qu’ils font naître pour la sauvegarde du patrimoine soit reconnu bien au-delà de nos frontières….
Nous remercions chaleureusement ceux qui ont aidé concrètement à la réalisation de cette maquette historique, à son transport par le personnel municipal jusqu’à l’Orangerie,
et en particulier la Caisse d’Epargne pour son chèque de soutien à l’AVIPAR
Ce chef-d’œuvre miniature est apprécie des scolaires comme du tourisme culturel européen.

Christiane Guichard,
maître d’ouvrage des chantiers de restauration depuis 24 ans
dates clefs:
- 1855 achat du terrain de la Guinguette par monsieur Joseph Jullien-Cochard.
- 19 mars 1981 : Achat d’un chef-d’œuvre en péril.
- 5 mai 1986 : Classement monument historique. Extension du classement à l’ensemble des 883m2 de la parcelle en 1992.

22 octobre 2005

1873: Maison moresque en vente



Annonce parue dans le "Dauphiné" en 1873
L'incroyable chercheur d'archive Denis Guignier a relu tous les quotidiens depuis 1855. Il a découvert ce trésor, heureusement pour nous, il suffit de regarder la maquette et observer ce descriptif inouï...


A VENDRE UNE PROPRIETE
A la montée de St-Martin-le-Vinoux
A un kilomètre de Grenoble, sur la route de Lyon,
en face du chemin de fer et sur les bords de l'Isère.

Cette propriété, sans être élevée, jouit de la vue la plus belle et la plus étendue des environs de Grenoble.
Bâtie en terrasse avec construction mauresque, complètement meublée et garnie de ce style, bains, cabinets de bains,jardin d'hiver contigu à la maison,
orangerie, glacière, eaux abondantes et fluentes, distribuées dans toutes les parties du jardin et de la maison.
Voiture, harnais, remise, écurie, fenil.
Maison du jardinier meublée et tous les instruments utiles à l'exploitation.
Jardin "complanté" d'une collection des plus beaux et meilleurs fruits, grande "aspergère" du plus beau produit.

Pour visites et demandes de renseignements, s'adresser à M. Potié, notaire, place Grenette, 4, à Grenoble.

(Depuis 1855, Cochard devait certainement être déjà ruiné en 18 ans et cherchait à vendre "sa folie mauresque).

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Autre trésor de descriptif qui servait de modèle aux lettrés européens pour édifier des parcs et folies.
Voici les conditions que devait remplir une propriété du genre de l'Alhambra,
selon Ibn Luyun ( XLVè siècle)

"Pour l'emplacement d'une maison entourée de jardin, il faut choisir un endroit en hauteur car il est plus facile à surveiller. L'édifice sera orienté au midi, et dans la partie la plus élevée on creusera un puits (ou mieux encore, on ouvrira un canal à l'ombre des arbres et des plantes).
Près de la maison on plantera des massifs toujours verts de toutes sortes de plantes agréables à regarder, et un peu plus à l'écart, des fleurs et d'autres arbres à feuilles persistantes.
Le jardin potager sera entouré de ceps de vigne et, au centre les vignes vierges donneront de l'ombre aux allées séparant les plates bandes.
Un pavillon ouvert se trouvera au centre pour les heures de repos, entouré de rosiers grimpants, de myrtes et d'autres sortes de fleurs qui embellissent un jardin.
la maison aura deux portes pour être plus protégée et plus accueillante pour celui qui l'habite.
Pour la méditation: jeux de paysages, de parfum, et sons rafraîchissant de l'eau...

***
J'aimerai tant retourner au palais de l'Alhambra qui est l'une de mes plus forte référence avec le palais du Facteur Cheval, ainsi que les palais marocains dont le jardin Majorelle dont j'observe la spectaculaire métamorphose de renaissance depuis qu'Yves Saint-Laurent l'a racheté...J'avais 14 ans lorsque à mon premier voyage au Maroc au mariage de mon frère avec une casablancaise, un choc d'émotions, couleurs, odeurs... Depuis c'est un pays de cœur...

17 octobre 2005

Déménagement du déménageur encombrant

Les fonctionnaires découvrent leur patrimoine communal

Madame Collot présidente des employés de la mairie de Saint-Martin-le-Vinoux a emmené après leur travail, une trentaine de ses collèges en voyage culturel. Dans la commune y a un seul monument historique qui trône en dessus du panneau de l’autoroute A48, la majorité n’avait jamais passé la porte.
En arrivant par l’entrée des visiteurs : 8 avenue Général Leclerc, les employés municipaux ont pu découvrir les derniers vestiges de l’ancien parc. (et un cumulus abandonné pendant un mois, un camion sur le trottoir depuis le 17 août, des squatteurs sur le terrain mitoyen d’un promoteur…)
Ils ont pu découvrir la petite merveille de maquette de l’AVIPAR qui reconstitue " le terrain de la Guinguette ", les fortifications et l’architecture du XIXe siècle utilisant les premiers ciments des galeries sous la Bastille, un patrimoine en " Or gris " Un unicum " dit Monsieur Botton architecte en chef des monuments historiques.
Art DL extrait : En 1842, la première cimenterie ouverte en Isère à la Porte de France faisait partie de la commune de Saint-Martin-le-Vinoux, comme tout le quartier de l’Esplanade et le polygone. A la constitution des dernières fortifications de la Bastille coté ouest, en 1884 tous ces quartiers ouvriers furent annexés par Grenoble.
Tout au long d’un parcours insolite sur 3 niveaux de l’architecture d’inspiration mauresque, les visiteurs voyagent dans entre hier et aujourd’hui, au gré de photos d’archives qui illustrent l’évolution urbanistique de nos cités… L’histoire locale est passionnante pour eux, ils ressortent des lieux avec un autre regard sur leur cadre de vie. Du moins, je l’espère...


Ce Lundi 17 octobre: Le camion de déménagement déménage enfin!

Il est interdit de se garer sur les trottoirs, d’immobiliser une voiture plus d’une semaine. Gênant la lisibilité de la porte d’entrée d’un monument, un véhicule est resté à la vue de tous : 3 mois ! Et ce lundi enfin, notre unique policière municipale a réussi à faire dégager le trottoir, en faisant emmener à la fourrière ce grand camion racheté, abandonné… Cette bavure montre combien il y a de négligence à faire appliquer les lois.
Lorsqu’un président d’association reçoit un avis de la Préfecture demandant de faire appliquer le plan VIGIPIRATE, que tous savent en zone rouge…
Et bien pour les journées du patrimoine contre la porte, il y avait un gros camion abandonné ! Malgré la demande du Préfet de " signaler tout objet suspect ", un énorme camion défiait les autorités. Quelques 700 personnes l’ont constaté pour les journées organisées, médiatisées avec le ministère de la culture, la Conservation du Patrimoine de l’Isère etc. Sans compter tous les officiels venus en un trimestre qui critiquent les abords désastreux non entretenus. Ce n’est pas à des bénévoles d’association de faire appliquer les lois. Les visiteurs critiquent sévèrement, nous questionnent sur un tel laxisme, A l’évidence à l’entrée d’une cathédrale classée monument historique, il n’y a jamais de décharge sauvage, de campement de squatters sur un terrain mitoyen en toute visibilité. Ils découvrent de visu la difficulté à valoriser et mettre aux normes un patrimoine, si l’initiative de départ a été un engagement de passionnés, et non pas une décision de politique…
Il y a eu un double pari en 1981:
- sauver une architecture en ruine
- lui redonner une vie artistique avec une association culturelle
24 ans après, c’est toujours aussi difficile pour une association de demander à faire respecter la loi de 1913 de protection des abords.

23 septembre 2005

Cadeau photos d'habitants en 1848


Don de 16 photos de mai 1848

Don de 16 photos de mai 1848
Suite à leur venue pendant les journées du patrimoine, la famille Laureys a offert ces petites photos précieuses. Ils étaient locataires de la femme du boulanger madame Virginie Gonnet. Ils font partie de la famille de la femme de monsieur Michel, notre fidèle correspondant qui en est très fier d’avoir servi de médiateur. C’est affectif des photos de famille, tout un moment d’intimité est révélé et nous, en agrandissant les photos scannées, on fait un état des lieux des dégradations en 1848.

Des femmes se promènent avec des amies, de la famille par une chaude après-midi selon leurs tenues vestimentaires, elles se dorent au soleil en bavardant.
C’est émouvant de découvrir la petite Françoise de 4 mois, (c’est écrit derrière la photo), prise dans les bras de sa mère devant les façades. Cette femme de la cinquantaine n’avait plus aucun souvenir en visitant. On la voit toute joufflue sur un lit dans la salle à manger reconvertie en chambre, indice : derrière on voit les fruits peints.
Sur le promenoir aujourd’hui disparu, nous découvrons une femme avec drapé classique. Elle apparaît juste sur la tête d’une habitante : une apparition de vierge ? incroyable mais vrai c’est une statue !
En regardant d’autres photos, il y reste des socles de statues qui ont disparues. Il y en avait 12 à l’origine.
Les promeneuses descendent à l’Orangerie avec le bébé dans les bras et nous pouvons ainsi découvrir la margelle décorée de la fontaine aujourd’hui bétonnée, où l’eau malheureusement est tarie. Les baies de la salle voûtée sont murées.
Des hommes jouent devant l’appareil photo d’une amie. Le jeune père est devenu grand père et pendant notre visite, il raconte au groupe d’une dizaine de personnes qui ont le privilège de nous accompagner. " La villa des magnolias était plus propre à notre l’époque, il y avait des fruits et des grands arbres dans les jardins ".
La boulangère avait fait coller du papier mécanique sur des panoramiques peints à la main, des œuvres rares. Il ne comprends pas, le vieux n’avait pas d’importance à son époque clamant haut le modernisme. Sa femme le fait taire, impressionnée que sa maison soit devenue un monument historique et cette foule de 400 personnes qui vient admirer les lieux. Il est vrai qu’après la période clochard 65.74, les fuites dans le toit ont sacrément détruits les décors. Je tente de lui expliquer, qu’il vaut mieux laisser les décors dans leurs jus d’origine que de repeindre abusivement. Mon pari est de sauver les décors peints, papiers et toiles marouflées aux plafonds. Lui il voit des fissures et pense avec son bon sens pratique que le plafond du salon va finir par nous tomber dessus un jour. En 24 ans, 7 plafonds sont tombés, le poids du plâtre mort entraîne les lattes de bois et craque en période humide et chaque hivernale, j’ai peur pour tout ce plâtre toujours pas restauré avec des injections.

Marc a scanné la récolte de photos cinquantenaires avec minutie. Nous pouvons ainsi observer les détails des fenêtres de la cuisine qui vont être reposée en novembre par M. Ode d’ART-BOIS. Ainsi nous savons qu’il y avait 5 carreaux de haut. Ce témoignage sert très concrètement à restituer à l’identique la construction d’origine.
Découverte dans le jardin d’hiver: les fenêtres aux vitrages brisés par les deux explosions du dépôt de munition pendant les deux dernières guerres. On voit lamentables des teintures déchirées et plus aucun vitrage ! Seuls restent les fers de support de vitrages de couleur. Une petite fortune à reposer sur une façade de bois de 10 m de long sur des chassis de 6m de haut… Ce jardin devait être mirifique !

16 septembre 2005

Chantiers moulures Or gris


Chantiers de restauration

Les derniers chantiers en cours sont également appréciés par les visiteurs durant leur parcours sur les 3 niveaux du monument. Ceux qui reviennent notent les améliorations. Ceux qui découvrent les lieux pour la première fois notent tous ce qui reste à faire : les façades, les décors intérieurs….
En tant que maître d’ouvrage depuis 24 ans pour sauver la belle ruine, alors que j’ai un réel blocage envers les chiffres et la gestion, je dois apprends à signer les chèques, trouver des subventions et d’autres partenaires… Cette baraque est un gouffre financier, un ogresse qui dévore les énergies pour essayer de faire bouger les montagnes d’inerties
Force est de constater que petit à petit la multitude de chantiers redonnent solidité et sens aux décors XIXème.…

Un jardin orné de dentelles de béton en " Or gris "

Grâce au savoir-faire des mouleurs de ciment moulé de l’entreprise Avenier d’Echirolles, toutes les jardinières en ciment prompt des jardins en terrasse sont désormais reconstituées sous le grand magnolia de 150 ans.
De l’or gris à l’euros en 4 factures :
1) 15ml de garde-corps mécénat Vicat posés en juillet sur le coté ouest= 10 430 euros
2) pose en septembre : 22ml de jardinières octogonales, 15 ml de jardinière droites et 18ml le long de la roseraie,
Total 55 mètres linéaires de moulures en ciment prompt = 11 215 euros !

(Un collectif de Financeurs : C. Guichard, DRAC, Conseil général de l’Isère, Prix patrimoine Rhônalpin, Mécénat Vicat…)

Combien l’inspectrice des impôts va-t’elle encore récupérer ? Elle qui considère que les subventions de la DRAC versée en 2004 pour le chantier de l’orangerie payé aux artisans en 2001, sont comme des revenus pour moi, c’est un comble !
L’état ministère de la culture subventionne avec deux ans de retard d’un côté en obligeant à faire l’avance de prêt bancaire, et récupère de l’autre par le ministère des finances. Peu de gens savent que les conservateurs privés de monument payent les impôts, les impôts fonciers, les contributions sociales et surtout toutes les TVA versées depuis 24 ans… qui auraient pu permettre de financer la sauvegarde de toutes les façades par exemple…
Les contradictions des fonctionnaires n’usent, c’est épuisant d’être en tampon et je n’ai pas les épaules assez larges. Certains soirs trop fatiguée, j’ai envie de tout laisser retomber à l’abandon.
Il faut dire qu'aujourd'hui, la masse de travail dans le jardin était épuisante juste apres le départ des maçons, remblayer, planter pour avoir un aspect propre pour les journées de foultitude.... Le moral et le physique remonteront au zénith, la semaine prochaine!

12 septembre 2005

Bertille filme de nuit



La Casamaures devient une muse qui inspire les artistes. Lundi, mercredi, le tournage d’un film illumine de nuit les façades. Bertille a amené tout son monde fabuleux, des artistes et des belles robes qui s’animent sous la caméra de l’équipe de Claude Garnier: chef opérateur.
Pendant l’hiver, le montage sera réalisé.
En mai prochain, nous pourrons découvrir ce nouveau film projeté pendant une soirée des mille et une nuits sur le parvis de l’Orangerie.
Depuis 20 ans, notre association est un fleuron culturel qui mets à l’honneur l’histoire et l’art de la Casamaures.

06 septembre 2005

3 bonnes nouvelles en un jour


Toute personne qui adhère à l’association reçoit " la Gazette mail "

Bonjour honorable président et les amis de la Casamaures
C'est agréable de partager avec vous 3 bonnes nouvelles en un jour.

1) Pour la première fois je découvre le buste " d’Ali Pacha " du mystèrieux homme qui signait de deux noms : Joseph Jullien à sa naissance, puis a ses trois mariages : Joseph Jullien-Cochard !
"Je me permets la familiarité de l'appeler Juju, nous sommes devenus très intime cet été dans mon atelier , écrit ce jour Mauricette Kuhn. A partir de caricatures de Victor Sappey, tout l'été elle a donné vie avec de l'argile à ce buste un brin impertinant.

2) La FNASSEM fédère plus de 2 000 associations en France,
Elles vont afficher chacune des dizaines d'affiches où figurent une sélection de 12 illustrations
dont la Casamaures! Cela représente un soutien en national avec la représentation du monument sur cette affiche qui illustre le patrimoine vivant et les objectifs de nos associations de sauvegarde...
Thème "J'aime mon patrimoine... et je le défends....
Sie portail de la FNASSEM : http://www.associations-patrimoine.org
Patrimoines et paysages, fédération nationale des associations de sauvegarde des sies etensembles monumentaux, 20 rue d'armaillé 75017 Paris, 01 42 67 52 00

3ème bonne nouvelle du jour
L'imprimerie lyonnaise a livré 5 000 dépliants offerts par notre fidèle mécène la société Vicat.
Elle réactualise nos informations avec cette fois de l'anglais pour un monument à Saint-Martin-le-Vinoux-Isère-France. Disponible a qui le demande?

Mais je suis décue du monologue blog, j'ai trop peu de mail qui pose des questions sur la vie casamaurienne...

25 août 2005

Parc Régional de Chartreuse, zonage ?



Zonage du Parc Naturel Régional de Chartreuse
Le courrier du jour qui fait sourire avec une bonne nouvelle.
Pour la première fois, le Parc de Chartreuse a voté une subvention (1300 euros) pour les 150 ans d’histoires dans un monument et l'originale exposition de " Sculptures de jardin " qui allie le béton à l'imaginaire de 11 artistes.
Le tourisme culturel découvre avec plaisir notre microcosme d’art et patrimoine.

Une présidente: Madame Giraud, est venue inaugurer l’exposition le 4 juin et écouter l’aubade des troublantes voix d'hommes de la Solorma. Nous avons redemandé officiellement au parc, la révision du zonage pour englober les douves des fortifications qui descendent de la Bastille et l’ancien parc de la Casamaures. Incroyable, notre municipalité signataire des communes du parc avait " omis " d’englober le site de la Guinguette : 6500 m2 d'espace vert.
Ce qui fait que nous sommes cités pour le tourisme culturel dans tous les documents, mais paradoxe, c'est impossible de demander via le parc des subventions en zone Leader européenne pour replanter les jardins par exemple.
La révision du zonage pourrait faire cesser notre enclave problématique. Encore une histoire de limite de 3 territoires (St-Martin-le-Vinoux-Grenoble-Parc de Chartreuse).
Sur la " Route des savoir-faire", la Casamaures est le premier monument historique cité en sortant de Grenoble. Son style mauresque fait sourire les Chartroussins. Il n’y a que 5 monuments en englobant les contreforts du massif dont le Château du Touvet dans la vallée du Grésivaudan. Les typiques moines du monastère de la Grande Chartreuse doivent soupirer dans leur désert de forêt.


Exposition 2ème édition de " Jardins de sculptures à la Casamaures "
Création in situ du végétal à l’Or gris.
Inauguration sous la présidence de madame Eliane Giraud, Présidente du Parc naturel régional de Chartreuse, conseillère régionale avec nos invités les élus de Saint-Martin-le-Vinoux. Discours de Monsieur Guillet Revol, M. Ribeaud, conseiller général du canton. Geneviève et Georges nos administrateurs ont présentés les objectifs artistiques de notre association et les 11 artistes de Chartreuse.

" LA SOLORMA " un groupe vocal de 9 chanteurs chantaient a capella des "Chants du monde "autour de l'ami Jojo au grand cœur.
Ils adorent les résonances de la salle voûtée et reviennent chaque année pour des répétitions en direct, tout l’après-midi, c’est un plaisir partagé ces voix d’hommes qui s’échappent en rythme d’un espace d’exposition de plein air.
Les titres font sourire et invitent à un vaste jeu de piste pour découvrir les oeuvres dissimulées dans des clairières de jardin.
Monique Navizet " I.II.III béton ", colonnes totems 04.
Catherine Mamet " La Baraka ", gardien bleu 04.
Christian Blanchard," Colonne N°66 ",
Christine Coblentz " Les Zestes ", germination 04.
Marie Odile Eymard.Duvernay, " Germes ",04.
Dominique Lemaire "les Gorgones rouges ", grandes mires 04.
Joël Bressand " Outils sauvages ", polygone étoilé bleu outremer 04.
Alain Bourdel "Le Guetteur", la funambule du soleil 04.
Laura Taily " Femme " une Vénus noire
Etienne Borgo " Moulage d'un homme de béton bleu "
Les œuvres sont vivent printemps, été, automne, trois saisons dans une nature évolutive. Généreusement des artistes ont fait dons de leurs créations 2004.
Ainsi les jardins de sculptures se mutent au fil des saisons, des années.
L'association fête cette année mémorable 20 ans de créations dans ce décor atypique sur les contreforts Ouest de la Chartreuse

16 août 2005

Chute de plafond, une ministre sous la pluie

Monsieur Idelon toute pendant trois jours d'aout, ponce le plancher du hall sous l'escalier. Quand je suis arrivée, il y avait un trou jusqu'aux caves. Cet artisan réveille des souvenirs hépiques comme celui du 29 octobre 1989.

Chute plafond de l’escalier, suspens d'un siècle de poussière!
Un quatuor d’amis marseillais bravant la pluie diluvienne qui tombait, eurent la bonne idée de venir voir une soirée épique avec une Installation " Glieder Bau de Gayal Grusek Lutza ". C’était la cohue sous une marée de parapluie. Tout mon stock de sacs poubelles était distribué aux spectateurs. Défiant l’électrocution sous des parasols, les appareils de sonorisation souffraient. Une bande son d’une goutte d’eau qui tombe amplifiée sur un sol, était agrandie aux limites auditives du supportable.
Sur le parvis, sous un vaste treillage de câbles d’ascenseur, l’artiste avait accroché des cubes de glaçon sur laquelle elle projetait des films, évènement éphémère, magique fluidité.
Lorsque l’appareil de projection a fait tout disjoncter, nous eûmes peur d’hydrocution avec tous les câbles au sol, mais il y avait une telle ambiance, et cette foule d’artistes, de marginaux enthousiastes qui glissaient dans la boue des jardins.

Mêlée à la cohue de noctambules, une ministre assistait dépassée par les évènements naturels et humains. Le maire M. Cornu qui avait eu la bonne idée de l’embarquer dans cette galère, m’a demandé la permission de lui faire découvrir les intérieurs du monument. Privilège impossible à refuser, politesse oblige pour une ministre auprès du ministère des Affaires étrangères. Malgré le manque d’éclairage en intérieur ma
dame Edwige Avice. Madame la ministre était ravie de l’insolite situation. (Il paraît qu’il ne faut pas écrire de nom de personnage public dans un blog, tant pis c’est aussi une témoin…)
Son groupe d’hommes en costumes si civilisés , curieux regardaient de partout avec vigilance. A la porte de sortie, en partant vite sous le cortège de parapluies noirs, ils m’ont broyé la main, un peu trop énergiques. Les copains ont ri de ma naïveté. C’étaient des gardes du corps, si anxieux de cette situation anticonformiste. Et la ministre pleine d’humour, m’encensa de félicitations, malgré sa coiffure trempée et ses chaussures de ville toutes crottées, l’élégance parisienne douchée par un samedi très arrosé, très provincial.
Tard couchés, nous dormions du sommeil récupérateur des bienheureux, quand la première détonation réveilla en panique la maisonnée.
De l’étage Patricia hurlait à sa sœur Murielle en bas: " Dis pourquoi tu tousses ?
L’attentat a raté la ministre ? C’est une attaque de fantôme ? avec cet accent du sud qui nous fait tant rire, elles dédramatisaient la situation. Un siècle de poussière tombait dans l’escalier. Du pas des portes des chambres, nous essayions de comprendre les bruits et cette masse de poussière envahissante. Des lourdes plaques de plâtre se détachaient des lattis du plafond sous le toit en bruits sourds, inquiétants en brisant sur les marches. Gorgé d’humidité, le vieux plafond tombait neuf mètres plus bas pour un spectacle de nuit réservé aux initiés.
Les quatre marseillais riaient, quelle bonne organisatrice de week-end sportif à la montagne : la pluie du millénaire, la ministre impromptue et maintenant le plafond qui nous tombe sur la tête !
Il n’empêche que tout le dimanche, tout le petit monde par amitié a aidé à déblayer des brouettes de gravats. Tous noirs de poussière, épuisés et enchantés des aventures locales:

Gilles le kalif riaient sous ses bacchantes : Quel suspens de vivre dans une belle ruine !

Quant les gens s’exclament, " Quelle chance vous avez de vivre dans cette belle maison ", ils ne savent pas tous les coups durs qu’il faut dépasser, le travail de fourmi, la patience et résistance pour continuer d’embellir ce rêve de demeure pas fonctionnelle et inconfortable (4 pièces de chauffées l’hiver).
Les envieux critiquent, veulent croire que nous sommes payés par le ministère de la culture avec le leurre de la plaque : Monument Historique. Il y a une méconnaissance totale des contraintes amenées par cette reconnaissance d’intérêt public. C’est totalement l’inverse, les mécènes, les habitants qui offrent toutes ces heures, journées, années de labeur. Et de plus, sont obligés de travailler à l’extérieur pour ramener des salaires pour payer les artisans spécialisés… la moitié du patrimoine français est sauvé par des privés et des associations.

09 août 2005

Saint'Amour

9 août sur les calendriers chaque année, c’est inscrit la Saint-Amour.

Dans le Jardin d’hiver, les lustres de Lili-jolie sont éclairés projetant des dentelles d’arabesques en ombres qui jouent sur les murs. La grenouille sculptée du bassin de marbre blanc glougloute son jet d’eau rafraîchissant. Les sept poissons rouges nagent sinuant entre les racines du grand philodendron sur une chorégraphie en volutes fascinantes. La collection de cactés du monde de Jean Pierre Bayle se défend par des épines aiguës de toute visite enfantine, Des parterres aux moulures reconstituées l’été dernier grimpent une forêt de Yuccas, des avocatiers. Le sol en trompe l’œil de cubes ou d’étoiles incite à sauter à cloche-pied sur les étoiles de carrelage teinté.
J’entraîne Yannis le fils adoré d'Anne Surot. A trois ans il aime découvrir les lumières des salons que j’éclaire magiquement sur son passage d’un coup de télécommande que Maikel m’a donné. A distance, je peux m’amuser à faire taire la grenouille ou l’éclairer. J’aurai envie que tout l’éclairage soit magique, sur un claquement de doigt. Une musique s’élève de la volière déclenchée par des détecteurs de présence... En boucles toute la journée, je passe des CD d’enregistrements d’oiseaux achetés au Muséum d’histoire naturelle.
Nous sommes de drôles d’oiseaux.
Il y aurait un blog à faire avec tous les participants des 24 picniques de la Saint amour. Dans le décor de la Cas'amore, boire du St Amour tout en dégustant des délices du palais, des surprises gustatives allusion avec humour à toutes les formes de ce sentiment exquis (de l'amour maternel à l'amour vache, du romanesque au désamour, que d'annecdotes à vivre).
Saint Amour est un mirage comme St Glin Glin qui sont digne d'être célébrés dans notre oasis utopiste.

Nous rions encore de la surprise de l'année passée "Le mariage de Jacky et Jacqueline Sardat". Leur cortège d'amis et enfants portant un gateau géant en chocolat: le petit train de Grenoble avec les mariés en pate d'amande.
Adrien fils de François Mondot leur a improvisé un spectacle de jonglage. Il dansait avait des boules transparentes. Les lumières de l'Orangerie se reflétait dedans. J'avais l'impression qu'il jonglait avec une cas'amore miniature. Un pur moment de magie, partagé entre vrais amis...

(Deux jours que je suis morte-vivante: empoissonnement de trop de médicament, le foie hurle, la tête cogne, le cervicales brûlent, un poignard est ancré dans mes lombaires, mon dos est bloqué de rigidité douloureuse. Et pourtant que de rires sous le grand patriarche magnolia. L’éclairage des bougies romanesques accroît le plaisir d’entendre dans une chaise longue, les itinéraires sentimentaux de chacun, les voyages, les amours d’un soir et de toujours qui font oublier les galères de chômage, les factures et les impôts!).

28 juin 2005

Mystérieuses calligraphies arabes

Mystérieuses calligraphies

Tous les invités lèvent la tête vers les vitrages de couleurs aux calligraphies qui illuminent toutes les chambres du premier étage, en nous questionnant, que veut dire cette formule magique ?
Depuis des années les traductions varient selon la position d’un petit point placé en haut au lieu de dessous la calligraphie (peut-être par erreur ?).

- Commentaires du fils de monsieur Tillier, ACMH sur le mot arabe qui figure sur les vitraux de la Casamaures :
"Il s'agit d'un mot, qui se prononce Hinâk, et qui désigne littéralement :
- si c'est un singulier : le "mors" du cheval, ou la "bride".
- si c'est un pluriel : des courroies spéciales qui maintiennent le bât d'un chameau.
Ce qui est peut-être plus intéressant, c'est que ce mot se rattache également par sa racine à la notion de sagesse, d'expérience liée à l'âge (et que l'homme acquiert en "bridant" ses instincts).
Je ne peux rien dire de plus : il faudrait voir avec un spécialiste d'histoire de l'art islamique. Cela a peut-être un sens terminologique plus précis dans l'art religieux."
En ce qui concerne les dernières photos sur l’imposte des portes que vous m'avez envoyées, il semble que les inscriptions ne veuillent rigoureusement rien dire. Mon fils pense qu'il s'agit de motifs calligraphiques plus ou moins bien recopiés sur des photos ou des publications et "adaptés" en fonction de leur graphisme et du cadre dans lequel elles ont été placées, dans un souci d'ambiance orientaliste mais sans préoccupation particulière vis à vis de leur signification réelle. Même le sens de la première inscription est peut-être le fruit du hasard...

* HINK pour Ali Mechelhouk, premier objecteur de conscience à travailler pour l’association devenu un ami brillant professeur d’histoire.
" Le style utilisé est appelé couramment "maghrébin" ; on le reconnaît à la forme de la dernière lettre, le kâf qui diffère sensiblement du style utilisé en Orient. La racine HNK, en arabe, a le sens de "brider un cheval".
2éme hypothèse: peut-être s'agit-il de turc ?

* Quant à " M. Bengio, ex directeur DRAC Lyon, qui parle hébreu, arabe, latin… Il y a la racine " amour, aimer et un possessif ; ton aimé ? Le mot amour en arabe a une infinie variété de significations. Ne jamais oublier que ce sont des artisans locaux qui ont peint, interprété de l’arabe classique, personne ne connaît les sources des relevés de texte, de décor. A l’époque pour être à la mode, on rachetait dans toute l’Europe les dessins des voyageurs orientalistes.

* Cadeau un cadran de pierre gravée donné par un archéologue marocain d'El Jadida, le mardi 28 juin. Il nous a dit que la calligraphie en arabe classique sur les vitraux signifie un petit mot gentil, tendre pour les grand-mères dans sa région…. Encore une traduction possible!

Quant poèmes épigraphiques peints impostes des portes de salons, les traducteurs concordent en nous parlant souvent de pseudo-écriture. Des personnalités de l’Institut du monde arabe le confirment, mais peut-être à l’avenir un inconnu lira ce blog et offrira des traductions plausibles ?

Un jour, le ministère de la culture de Tunisie est venue amené par une association de femmes maghrébines. Fasciné qu’un français ait osé bâtir cet hommage aux cultures Orientales, il a donné de nombreuses explications. Les échauguettes de plâtre à l’angle des pièces ne sont pas des mirâbs, mais des cheminées turques (d’ailleurs il y a un conduit de cheminée pour les fumées en intérieur). Puis il s’est dirigé vers les meubles syriens rachetés en 1986. Il s’est mis à genoux devant une banquette positionnée vers la fenêtre à l’Est. Respectueux nous croyions qu’il priait. Mais non, il a donné une traduction d’une devise sculptée sur le bois et dédiée à Allah.

Cette demeure est heureusement pleine de formules de protection!
La Casa Maures a une bonne étoile pour avoir résisté aux deux guerres, aux clochards, au désintérêt total du voisinage.

24 juin 2005

Enjeux patrimoniaux et paysagers, dixitt DDE

24 juin Questions du cabinet Audubert-Gaydou de Lyon


La DDE a commandé " une étude d'enjeux sur la valorisation des abords de La Casamaures (d'un point de vue patrimonial et paysager) dans le contexte de la rocade nord".

Les deux spécialistes sont venu aujourd’hui, un peu éberlués au début de mon accueil. L’accès au jardin de cette villa théâtralement en domination sur l’autoroute et l’Isère, permets un sas pour déconditionner les personnes qui sortent de leur bureau normalisé.
Au bout de trois heures, les questions continuaient sur son histoire, l’orientalisme, l’or gris, les jardins d’origine devant les photos d’archives.
- Quels sont les principaux chantiers de restaurations et les multiples projets ?
- Quelle cohabitation existe entre les associations et le privé?
- Quels sont nos partenaires officiels pour l’association, pour les chantiers financés par des privés?
- Quelles difficultés vous rencontrez en tant que femme maître d’ouvrage ?

Par contre mes questions sur les quartiers de l’Esplanade et Jean Macé pour la Rocade Nord et le pont sur l’Isère étaient sans réponse car c’était leur premier jour de travail. Les rumeurs sont tences contre les promoteurs dans une haute densite d'immeubles de luxe pour chercheurs internationaux du trade world center, CEA, Synchrotron, Minatec etc...comme on le voit sur la simulation animé que projète le Métro dans ses espaces de communication (place jean Achard, foire Alpexpo...)
Avec un seul croquis d’intention sur le tracé qui empiétait sur les trois quarts des entrepôts riverains, leur dossier technique était encore léger. Leur étude doit se faire en un mois, rendu fin juillet.
A eux d’imaginer toutes les motivations pour sauver une ruine qui personnellement les enchantait imperceptiblement. Sous l’ombrage et les fleurs géantes du magnolia, je sentais le charme opérer sur ces experts qui prolongeaient leur visite technique et la transformaient en plaisir.
Assis sous le grand magnolia: notre arbre à palabre, nous avons partagé un plateau de boisson tout en parlant. Autour de nous s’activait Sophie, Christophe, Jean-pierre, Jeff offrant une leçon de vie dans les couleurs et les strates de l’histoire en 150 ans d’urbanisation.

(A ce jour, les architectes paysagistes ne m’ont pas encore renvoyé comme prévu les extraits de leur étude dans la partie concernant le monument… A suivre)

22 juin 2005

Apaches et sites de Résistance



Visite de deux femmes apaches: Veronica Tiller (historienne Apache) et sa soeur Mary graphiste, amenées directement de l'aéroport par Jeff.
Tout en mangeant avec gourmandise des glaces sur la terrasse, elles parlent de l'intervention officielle:
"Persistance of native american culture today: the strengthening of america's tribal communities".
Elles participent au colloque internationnal"Sites de Résistance" de l'université
Stendhal Grenoble 3, avec la présence du président de la nation Navaro Jo Shirley Jr. accompagné de garde du corps et famille. En soirée nous avons discuté des animaux totémiques dont le crapaud cornu, et de leurs bijoux d'argent encerclant leurs pierres sacrées.(Intervention "the survival of native poeple in america").

Ils reviendront l'année prochaine, pour l'ouverture à Paris du musée des arts premiers voulu par notre cher président.
Quant à nous, il nous faut aussi beaucoup d'énergie pour habiter et résister au n°13 rue de la Résistance !

20 juin 2005

7 jours de rêves de Mécènes

Recherches désespéremment mécénat pour chantiers de prestige

Pendant mes nuits blanches, je rêve de pères Noël appelés Messieurs les mécènes qui se pencheraient pendant une semaine magique sur les multiples dossiers de restauration.
J’avais écrit en vain plusieurs fois à l’ancien Roi du Maroc, (qui a financé les chantiers de sauvegarde des salons mauresques du château de Monté Christo d’Alexandre Dumas de Port Marly).
Mes dossiers à la fondation Agha Khan en Suisse, ne reçoivent aucune réponse.
Lorsque l’on n’est pas une nabab, la solution est d’aller voir les banquiers pour hypothéquer les lieux. J’ai des idées mais pas le carnet de chèque des cheiks…
Qui a des idées où demander du mécénat pour cette liste à la Prévert pour une semaine de magie?

Premier jour : Trois façades tout en ciment moulé à restaurer à l’identique
Consolidation des accidents de surface, les joints de moulage, puis patients chantiers de peinture pour redonner les couleurs d’origine :
1500 mètres de liserés bleu outremer sur les 52 colonnes, en plus toutes les moulures d’arabesques à repeindre en deux couches de protection. Quand on connaît rien que le coût d’un échafaudage sur deux étages normes européennes, le montant en euros pour les trois façades fait terriblement peur.


Deuxième jour : Toitures vues du haut du fort de la Bastille
1) Reconstituer l’acrotère à partir de photos d’archives et une loupe pour grossir les détails d’une dentelle en ciment moulé qui sera comme un diadème sur ce palais joyau de l’Or gris.

2) Il faut aussi changer la toiture principale en bac acier au centre et en découpes de zinc sur les pourtours des frises d’arabesques.

Petite histoire vécue:
Après la vaste tempête de 1984, tous les toits ont été refais économiquement en inox plombé (pour les protéger des attaques de pollution de gaz de voitures). Les plaques de zinc vétustes étaient arrachées par le grand vent d’une tempête historique. Pendant un hiver, nous avons vécu sous des bâches qui claquaient au vent pendant la nuit. Un grand bateau ivre à la dérive en pleine tempête. Il fallait faire la garde pour vider les récipients en pleine nuit, une horreur toutes ses bassines pleines car la pluie descendait les deux étages sur les murs peints. Encore aujourd’hui les nuits de tempête, je me réveille en sursaut avec le réflexe d’aller éponger l’inondation des toitures… Des nuits blanches de soucis, pas de subvention, pas de possibilité de nouveau emprunt à 30 ans car j’étais déjà endettée pour vingt ans pour l’achat de la belle ruine… La galère financière, visible au menu avec les plats de riz ou de pâte ou de patates, quelle variété ! Il faut que je recherche la photo du trio Colas, Jeff et bibi avec les fous rire devant la cocotte minute étouffe faim.

Troisième jour : Restaurations méticuleuses de tous les papiers peints à la main.
Les panoramiques de la baie de la Corne d’or, des natures mortes fruits et oiseaux exotiques… Les plafonds de toile peinte des salons sont des pièces uniques. Celui du salon donnant sur le jardin d’hiver est si fissuré qu’il empêche d’y vivre dans la chambre dessus à cause des vibrations des pas sur le parquet.
En 24 ans j’ai dû enlever les déblais de plâtres sur lattis de bois de tous les plafonds du premier étage + celui de la cuisine où couraient les souris. 7 plafonds avec des clous rouillés et une poussière asphyxiante. Le plus spectaculaire a été la chute du plafond de l’escalier de 9 mètres de haut….

Quatrième jour : Restauration de la façade de bois du jardin d’hiver
Tous les décors peints sur bois en extérieur montrent l’inspiration des maisons de bois du Bosphore..
Continuer le travail réalisé en 10 jours avec l’association jeune internationale de Concordia. Les fissures au bas des poutres ont engloutis tellement de pots de 10kg. Une première couche ocre de protection est passée. Mais il reste de l’énergie et trouver un échafaudage sur 9 mètres de haut(3000euros de devis pour un mois). Malheureusement Concordia est subventionnée par le ministère de la jeunesse et des sports, ils demandent une aide symbolique de la commune. Aide en nourriture pour 15 jeunes refusée par St-Martin-le-Vinoux. Ce beau chantier où il faut de la patience, est interrompu pourtant jeunes coréens et anglais mixés a de jeunes français, nous ont sidérés sur cette vraie école de vie dans un patrimoine bâti.

Cinquième jour : Reconstitution des deux ailes en ciment moulé
A l’origine, elles donnaient un air de petit château avec un promenoir orné de statues néo-classiques. Les invités observaient le paysage, la rivière Isère coulait impétueuse au pied du jardin, en face trônait le massif du Vercors avec dans l’axe sud, les pyramides montagneuses du Pieu et de l’Epérimont… Voir des pyramides n’est pas un mirage à la Casamaures !

Sixième jour : Jardin d’agrumes
" Allô Monsieur le mécène, je cherche 180 m2 de dallage pour transformer le parvis bétonné en 1952 pour les camions du Bon Lait. Il deviendra un jardin minéral orné de collections d’agrumes en caissons de bois. En hommage modeste aux saveurs, couleurs, charmes des jardins de l’Alhambra.
Je me souviens du patio des myrtes où l'eau la vie font références aux jardins du paradis suprême. La mise en scène de la nature avec des bassins, miroirs des reflet de la vie avec les jets d'eau aux bruissements rafraîchissant. J’aimerai poser des brumisateurs sur ce solarium trop chaud l’été.
L’intérieur du polygone étoilé devrait avoir une étanchéité pour le transformer en " bassin des astres " où se mirent les mouvements des planètes.
Au sol, le pavage valorisera le " Méridien de la Casamaures " dont la ligne du midi mesure 15 mètres en barre de laiton déjà posée par l’Atelier Tournesol.
Mieux vaut suivre une visite guidée pour comprendre toutes ces appellations d’espace et s’initier à la " gnomonique ".

Septième jour : Un éclairage créatif pour un monument des 1001 nuits.
Ce serait le repos des mécènes, des travailleurs et de ceux qui rêvent de créations avec un fête en nocturne. Cela fait des années que je fais des dossiers pour EDF : des encouragements, des félicitations mais pas de décisions concrète des chefs qui changent trop souvent…
De même pour GEG qui fait sa pub " lumières sur le patrimoine ". Le directeur de Gaz Electricité Grenoble trouve que c’est une très bonne idée aux portes l’agglomération, mais les automobilistes pourraient croire que c’est ED en limite de commune?
C’est aberrant ces faux prétextes, cette passivité depuis tant d’années.
Le manque d’engagement concret de ces directeurs qui n’ont pas de parole m’épuise!

19 juin 2005

ACMH, chantiers et frein des impôts

Mission d’Etude sanitaire ACMH

J’adore découvrir le matin que la boîte aux lettres déborde.
Cette fois, c’est un impressionnant recueil de plans de monsieur Tillier, architecte en chef M.H. dont les plans et le dossier sont actuellement consultables par les étudiants dans la salle de l’Orangerie.
Une mission d’étude de 14 000 euros dont 50% à charge de la DRAC, 20% conseil général et 30% pour la banquière de la Casa.
Les relevés de plans sont magnifiques, des recherches de polychromie sur la façade éveillent les désirs de les sauver, oui mais comment financer ces millions d’euros?
Malheureusement ce dossier fait le point sur tout ce qu’il me reste à restaurer. Quel problèmes de savoir si j’en aurai la force physique pour encadrer les chantiers, les dynamiser et surtout l’énergie pour trouver les financements?

C’est une période de stress car je suis tellement tracassée en ce moment par le harcèlement de papiers de l’inspectrice des impôts. J’ai envie de tout plaquer. Elle m’impose sur la subvention que l’état a versé avec retard en 2004 (pour des chantiers financés de l’Orangerie en 2002). Inauguré officiellement par le DRAC et les responsables.
C’est le comble l’Etat-culture légalement donne des subventions, et après l’Etat-ministère-des-finances les reprends… Je ne comprends pas pourquoi elle ne veut pas appliquer les reports de déficit de chantiers (valables ailleurs pendant 6 ans !). Je dois faire le banquier avancer toute l’argent des grands travaux, deux ans après on me verse une aide partielle, sur laquelle une fonctionnaire m’impose sur des travaux en convention officielle… Certains fonctionnaires m’épuisent de contradictions, d’incompréhensions… Trop de soucis, ce soir je craque!

17 juin 2005

SDAP de Rhône-Alpes

Première Rencontre SDAP de Rhône-Alpes

Quarante fonctionnaires du Ministère de la culture ont participé à une première rencontre entre les Services Départementaux de l'Architecture et du Patrimoine, en venant des huit départements de Rhône-Alpes. Ils sont arrivés de la Loire, du Rhône ou de Haute-Savoie pour se réunir en compagnie de M.Becmeur, ABF de l’Isère afin de discuter de leurs pratiques respectives dans cette vaste région.
A l’ombre des parasols sur le parvis de l'Orangerie, ils ont ensuite partagé à midi un sympathique repas oriental organisé par cinq bénévoles de La Casamaures d’hier et d’aujourd’hui.
La journée s’est achevée par une visite spéciale des chantiers, commentée par le maître d'ouvrage des lieux.
Le travail quotidien des habitants depuis de 24 ans, fait reconnaître ce chef-d’œuvre encore en péril.
L’énergie depuis 20 ans de l’association aide à valoriser ce monument unique dans l’histoire de la construction. Sa renaissance étonne les spécialistes qui observent les chantiers pilotes des nouveaux bétons, tous les détails de chantiers de peintures où règne le bleu outremer sublimé par la gamme des verts des nouvelles plantations.

Les innovations techniques continuent avec des chantiers de restauration à l'identique des garde corps, qui représentent un atout supplémentaire dynamique de ce monument au fonctionnement atypique. A suivre le chantier de juillet: 6eme sponsoring du fidèle mécéne: la Société Vicat.

04 juin 2005

Sculptures de Jardin,

Deuxième rencontre de "SCULPTURES DE JARDINS A LA CASAMAURES", cette année sous le titre "Créations in situ, du végétal à l'Or gris"
Une exposition de onze artistes est ouverte jusqu'à l'hiver dans les espaces de plein air d’un monument orientaliste du XIXe.
A partir du portillon bleu du N°8 bis av. Général Leclerc, les explorateurs découvrent un parcours dans des microcosmes de verdure.

Christian Blanchard: "Colonnes n°66",
3 mètres de hauteur en béton coulé, " Est-ce la première pile d’un viaduc d’utopistes ? ". (Allée d’entrée des pavés japonais en Or gris).

Etienne Borgo: " Moulage d'un homme de béton bleu"
Le clone de l’artiste des Alpes de Hautes Provence est allongé sous le Cèdre du Liban, planté en 2001 dans le jardin bleu. Ce jardinier médite ou fait la sieste?
Une sculpture-cadeau pour l'anniversaire des 20 ans de l'association le 1er avril 2005.

Monique Navizet, " I.II.III Béton ! ".
Quatre colonnes de béton terminées par des édicules en béton réfractaire avec des inclusions de minéraux, cuisson 1000 degré au four pendant les ateliers d'échanges de savoir-faire en avril et mai, Tonnelle des enfants du jardin bleu-.
Sa création 2004 de "colonnes emblèmes casamauriens", reste à portée de vue en hommage également aux 52 colonnes d’Or gris du XIXème siècle

Marie Odile Eymard Duvernay, " Germes ",
Méga Fruit bleu outremer d’où s’évadent d’utopiques graines rouges et orangées à l’ombre d’un arbre glycine de Chine du jardin bleu-

Catherine Mamet, "L'homme bleu" est à son poste d'accueil sur le chemin des voyageurs.
Plus loin, "La Baraka", main de fatma en béton gravé, portera chance aux jardins. C'est la gardienne des marches sous le sumac-

Christine Coblentz: " Les Zestes ".
L’image d’une brochette d’évidés d'oranges, est inclue sur un mastaba noir, (une jardinière en béton posée sur graviers blancs). En lien avec son travail de l’été dernier d'estampes en germination, nichées dans une clairière d’arbres aux papillons.

Dominique Lemaire: " Neuf sorties de bains"
d'un rouge d’ibiscus, ses fleurs mutantes de Karkadé s'agitent avec un humour de Gorgones, les racines en l'air perchées sur leurs tiges de fer
-Parterre des topinambours-
Sur la terrasse du magnolia coté Ouest, de grandes mires cadrent de couleurs vives le paysage du Vercors, création 2004.

Alain Bourdel: "Le Guetteur",
En béton projeté sur une structure de grillage, il fait le guet scrutant l'autoroute ? -sur la montée de la grande tonnelle des passiflores bleues.
Sa "funambule du soleil "grimpe cette année sur un cable de la face Ouest du monument, vers la terrasse du magnolia de 150 ans.

Joël Bressand: "Les Outils sauvages" d'improbables jardiniers sont en attente d'activité au pied du grand mur de la Résistance, dans le champ de visibilité du grand " Polygone étoilé " accroché depuis 2004 dans la vigne de Saint-Martin.
En intérieur du Jardin d’hiver, est conservé sa collection " In Memoriam " en tilleul de Sully.

Laura Taily: "Femme "
En matériaux mixés, cette Vénus noire trône sur un cerceau. Son ombre portée en fin de journée lui offre une chorégraphie de mouvements au gré des heures, abritée dans l'ancienne fontaine du parvis.

Christine Hays : "Pont de Silence".
Elle met en équilibre un monde minéral, sur une ligne de roses blanches éphèmères, sur le sol de la salle de l’Orangerie.
Cette artiste du collectif du Fort du Murier, présentera son installation pour la rencontre du 14 juin dans la salle de l'Orangerie.

(Cette exposition est non subventionnée à ce jour !
0 euro de la DRAC, du conseil général, de la Metro, de Grenoble, du parc de Chartreuse, de Saint-Martin-le-Vinoux).



Dans les espaces de ce décor singulier, d'autres œuvres se sont enracinées au fil des ans....
Jean Rosset, Monique Navizet, Dominique Lemaire, Alain Bourdel, Joel Bressand, Vincent Gonthier, Jean Louis Bernard, Colas, Malbos, Fabienne Ichtchenko, Blandine Leclerc, Criss, Atelier Tournesol.....
Des photographies contemporaines sont devenues des archives des strates du temps du palais mauresque:Christophe Huret, Patrick Blanc, ...
Un état des lieux est constitué de sténopés 2005...

30 mai 2005

Mère et fille, Catherine et Lola

Catherine Veth et Lola Lelièvre vous invitent à leur spectacle en chantier :" Mère et fille "
Elles s'amusent à mijoter chansons, poèmes et contes pour le plaisir des yeux et des oreilles .
(Apportez votre pique-nique, à déguster dans les jardins de l'Orangerie)
30 mai au 3 juin de 12h30 à 13h30 A l'Orangerie

25 mai 2005

Princesse Héléna

Thomas, Naim, Maena, Tidiane, Maelys, Tom Eloîs, Elias, sont particulièrement invités
le samedi 4 juin à jouer sous la tonnelle des bébés 2004, le jardin bleu est un vrai jardin d'enfants.
Pour la lus grande joie de leurs parents, il pourront faire leur premier défilé, s’essayer à leurs premiers pas longeant la grille du parvis…
Sur la terrasse, Princesse Héléna, 11 mois, fait ses premiers pas en s’accrochant a un garde-corps en Or gris.
Nous recherchons toujours l'origine du motif ce trèfle à quatre feuilles un porte-bonheur. Au moyen orient il voudrait dire: Dieu, ma famille, etc...
Qui lira ce blog et apportera une transcription? Il y a beaucoup de mystère dans l'histoire des lieux, de symboles non transcrit dans ce décor orientaliste en trompe l'œil. Bienvenue aux lettrés.

24 mai 2005

La saga de la Casa: Une cinquantaine de textes et photos
Mon carnet d'aventures en Casamaures devient un vrai livret. Maintenant j'aimerai l'imprimer et ainsi le lire à l'envers de droite à gauche comme les livres arabes!
Il propose une remontée dans le temps d'un calendrier d'une année 2005 + Mon temps casamauriens de 24 ans + le temps de la Villa 150 ans, depuis une signature historique chez le notaire pour l'achat de la Guinguette.

Aujourd'hui 24 mai, visite élégante du Club de la Communication de Grenoble et de l’Isère qui s'offre un repas oriental concocté par un traiteur. Les parasols jaunes sur le parvis, les tables de marbres recrées ce décor de Guinguette du XIXème.

Sachant que dans cet îlot artistique urbain, des femmes depuis 150 ans donnent vie avec résistance et pertinence au palais des mille et une nuits ! Bienvenue pour enquêter sur le roman des grenoblois et grenobloises dans le décor d’un orient alpin.

Le club de la Com a répondu : "Escapade orientale"
Maison bleue accrochée à la colline, … elle reste une curiosité à découvrir pour beaucoup de grenoblois et un émerveillement permanent pour ceux qui la connaissent déjà. " La Casamaures ", a ouvert ses terrasses, son jardin d’hiver, son intérieur XIXè, son orangerie, son Histoire et ses histoires aux membres du club de la com pour un rendez-vous " plein soleil " entre Orient et Bastille. Une rencontre " béton " a permis à chacun et à chacune de revivre la fantaisie luxuriante d’" un rêve d’orient au cœur des Alpes ".

J’aimerai que du haut d’un minaret un muezzin lance un chant d’appel au sponsors industriels représentés par tous ces communiquants:
" Cherche Mécénes désespérément pour chantiers inachevés…
Nous parlons de la Sagrada familia de Gaudi de Barcelone, de l'Alhambra... des références communes comme Bagdad, Istambul, l'Egypte... A l'heure de pose de midi, ils ont tous oubliés les contraintes de leurs métiers et voyagent en pensées comme le constructeur d'origine de ce palais idéal?

20 mai 2005

Mélisdjane de Zanzibar

De Zanzibar à la Casamaures

Il y a 18 ans, l'association invitait à la Cas'amore la premiere conteuse, Catherine Zarcate pour une nuit de conte...
Dans un palais des milles et une nuits, une autre conteuse déroule le fil de 150 d'histoires à la Casamaures. Dans cette demeure dédiée aux voyages imaginaires, Melisdjane d'Istanbul présente sa nouvelle création " Parce que Zanzibar "

De retour de voyage dans cette île mythique, Mélisdjane Sezer une nouvelle fois propose un voyage entre récits et danses orientales dans la salle voutée de l'orangerie. Toujours sur les traces des passerelles du mixage culturel, Mélisdjane revient de Zanzibar avec légendes épicées et musiques originales. Cette ambassadrice entraine ses spectateurs sur cette île de couleurs, parfums, goûts, mélodies. La mosaïque humaine des insulaires rappelle qu'à l'origine elle était aussi une terre de souffrance, d'esclavagisme et de guerre. L'histoire de Zanzibar est passionnante car elle abrite en son sein l'Afrique, l'Inde, le Moyen et le Proche Orient. Zanzibar est au coeur des recherche identitaire d'une conteuse qui parle avec son corps, qui danse ses émotions. Avec les mots et les mouvements, elle exprime de tout son corps l'âme des êtres sur les pas des contrées revisitées.
Cette création est soutenue par le Centre des Arts du Récit en Isère pour son 18e festival qui a lieu cette année du 13 au 24 mai.
Les réservations affichent complet pour les 3 spectacles " Vendredi 20 mai et samedi 21 mai...

19 mai 2005

Inspection MH, Ministre Aillagon 04


20 ans aprés la première protection du ministère à Lyon, les officiels du ministère viennentpour une inspection générale des chantiers de La Casamaures
Deux inspecteurs nationaux de l’administration et de l’architecture : monsieur Macep de Lepinay et monsieur Gratier, sont venus de Paris ce Jeudi 19 mai, pour une visite des 24 ans de chantier de la Casamaures. Cette demeure orientaliste représente une innovation technique avec deux étages aux façades en ciment moulé. C’était un chef-d’œuvre en péril en 1981. Grâce à une initiative privée et la tenacité d’un travail quotidien, cette belle ruine a été sauvée in extrémis.

La protection de 500 métres de périmètre des monuments historiques est applicable depuis son inscription par la Corephae à Lyon en juillet 1985. Le dossier a été ensuite transmis à Paris où la commission nationale supérieure du ministère de la culture a voté le classement à l’unanimité de cette architecture unique dans l’histoire de la construction française en mai 1985. Renforçant ce classement, en 1992 une extension sur l’intégralité de la parcelle de 848 m2 indique désormais qu’elle est protégée officiellement des fondations à l’Orangerie jusqu’aux toitures de zinc. Tous les amateurs d’histoire et d’art attendent la valorisation des abords et de l’ancien parc exotique du monument depuis 20 ans !

Les colonnades des façades n’ont pas d’armature métallique, aussi elles sont particulièrement sensibles aux vibrations du trafic intense des voitures sur les 2 voiries qui l’encerclent ( 15 000 voitures par jour la départementale et 45 000 sur l’autoroute A48, qui est à 50 mètres à l’ouest du monument juché sur le rocher de Saint- Martin-le-Vinoux).
A 11h, l’équipe d’inspection du ministère de la culture avait ensuite directement rendez-vous à la Direction Départementale de l’Equipement pour s’informer de visu des derniers projets de SETEC remis à la DDE en janvier 2005. Les inspecteurs et responsables culturels de la Direction Régionale des Affaires culturelles de Lyon sont venu sur place s’informer sur la " Rocade Nord " avec un pont en face et une nouvelle voirie qui toucherait les immeubles et fortifications de Grenoble, et l’ancien parc du monument à 20 mètres, en passant sur les entrepôts " Le Bon Lait " édifiés en 1952.
Les techniciens ne cachent pas leurs préoccupations des travaux qui saperaient les fondations séculaires d’un bâtiment sur quatre étages ancré sur les contreforts ouest du massif de Chartreuse.

Les responsables du Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine étaient également présents. Ils doivent suivre tous les chantiers de modification du périmétre de 500 mètres depuis 20 ans. Ils sont alertés dès qu’il y a des parkings de masse sans autorisation légale, avec le mauvais exemple pendant six semaines à Pâques dernier, de centaine de voitures sur le terrain mitoyen longeant les dernières fortifications construites en 1884 pour protéger Grenoble.

M. Tillier : architecte en chef montrait les derniers plans sur 4 niveaux de ce monument fragile et unique, un " prototype de luxe des premières préfabrications ". Un challenge sauver les façades, des kilomètres de liserets de peinture sur 52 colonnes... refaire les terrasses en forme de promenoirs...
Entre les fonctionnaires du ministère de la culture et le ministère de l’équipement,du préfet qui représente l’Etat, le débat est largement ouvert sur les lois de protection entre culture et voiture au nom de l’intérêt public et de l’image de marque patrimoniale et touristique de la porte d’entrée de la ville de Grenoble.

Il me questionne en tant que maître d’ouvrage de tous les chantiers. En plus des frais d’entretien, sur les grands chantiers 40% sont à sa charge, (les subventions aident de 40% Etat et 20% le conseil général de l’Isère).
Le classement n’oblige pas les propriétaires à ouvrir les monuments au public. Dès son rachat il y a 24 ans, les lieux étaient ouverts aux amis artistes, aux associations qui profitent du décor orientaliste au grand plaisir des visiteurs qui suivent les aventures de la reconstitution à l’identique de cette demeure de caractère et de charme, une rencontre exceptionnelle entre culture d’orient et d’occident.
Bien sur, nous avons évoqué la rencontre avons le ministre Aillagon
et la sélection du Prix Carrefour à Paris.
...
Cette inspection exceptionnelle est le résultat de notre expédition avec Geneviève en janvier 2004. Dans les salons d’apparat ornés des ors de la République du ministère, les fenêtres donnaient sur l’installation de Buren dans le Palais Royal.
Le prétexte était le concours national Carrefour avec un candidat pour chaque région française. Sélectionné par la DRAC, nous représentions le patrimoine bâti pour la Région Rhône-Alpes.
(Le chèque final fut reçu pour une ferme traditionnelle d’Alsace bien française!)...
J’ai pu y discuter longuement avec le Ministre de la culture de l’époque : M.Aillagon en profitant pour lui remettre un dossier protection du site.

Le même après-midi dans les bureaux de la Direction du patrimoine, ce fut une belle occasion d’une rencontre particulière avec le directeur qui connaissait l’originalité sur le plan national de cette architecture " un Unicum ". En consultant les derniers articles parus dans le Métroscope sur les projets de la Rocade Nord, les tracés d’intention parus publiquement dans les journaux en 2003 et les stands officiels de la communauté des communes, ce haut fonctionnaire était, comme tous les professionnels, étonné, voir scandalisé de la proximité du nouveau tracé de voirie et du pont prévu dans le périmètre direct de deux monuments : Casamaures et Fortifications de Grenoble.
En discutant dans la soirée avec M. Aillagon, même réaction et constat du danger destructif de voirie creusée sur le rocher contre les fondations du monument. Un projet voté unanimement par les élus locaux en 1999 dans les périmètres classés malgré les lois de protection des abords ! Je lui ai fait part de nos inquiétudes sur l’avenir des lieux. De la contradiction d’être aidé de 40% sur les chantiers en convention avec le ministère de la culture et d’autre part , être menacé le Ministère de l’Equipement avec les plans réalisés par la DDE. avec l’accroissement prévisible de vibrations des voitures (65 000 voitures + 30 000 à l’avenir).
En aparté, des hauts dignitaires nous parlaient du pont de l’île de Ré et des scandales aux retentissements nationaux, européens…
Conseil: il vaut mieux faire de la prévention que de subir en dernière minute les dossiers finalisés de l’APS.(qui sera rendu fin 2005)
Les ingénieurs de la DDE m’ont déjà reçu et sur ordre du directeur viennent découvrir de visu les lieux et leurs contraintes dans un soucis de concertation… mais quelle pouvoir ont habitants et associations face aux volontés des administrations suivant les décisions des élus, chacun sait que l’urbanisme est politique !

En 1981, lors de l’acquisition de la CasaMaures, j’étais la permanente de l’Atelier Publique d’Urbanisme de Meylan, avec tous les problèmes de concertation entre habitants de Béalières, architectes et élus. J’ai l’impression de revivre actuellement la même utopie participative. Je suis intimement convaincue que la concertation est un leurre, une apparence de lâcher prise des décideurs qui consultent l’habitant lambda, mais au final, promoteurs et élus décident. " "Gouverner, c’est prévoir l’avenir, dit-on ". Oui mais dans cet avenir encerclé de voitures, quelle place à la culture? L’enjeu est une image de marque d’entrée Nord de la ville. Les félicitations des élus ne m’impressionnent pas.
Qu’ont’ils fait depuis 20 ans pour aider concrètement la restauration et l'animation des lieux ? "Porteur de projet ou militante culturelle" comme l’on m’appelle, notre quotidien reste une vaste galère malgré 24 ans de travail quotidien.
Journaux, télévisions and co, ne changent en rien le débat fondamental, comment vivre avec des clopinettes et restaurer la Casa?
J’en suis toujours à l’An 01 du projet Casa Maures.

09 mai 2005

Autoroute monumentale

Juste à 50 métres d'un monument historique une autoroute -A48-
Nous demandons aux multiples responsables des pouvoirs publiques de respecter et de valoriser l'ancien parc exotique du XIXeme siécle.
Depuis 20 ans les protections du périmètre de 500 mètres devraient être appliquées.
Tout le monde le sait, l'association s'opposera à une nouvelle voirie dont le tracé passerai directement dans l'ancien parc exotique. A 20 mètres des fondations, ce qui revient par les travaux et les vibrations, à saper les fondations du monument, qui est de plus une architecture de béton non armée.
Il y a une contradiction entre les lois du ministère de la culture, et les intérêts locaux de la Rocade Nord: liaison avec un nouveau pont entre les deux autoroutes A48 et A480.

01 mai 2005

Béton Européen

ROCEM group, Etude des bétons européens
Des chercheurs en histoire de l'architecture d’Angleterre et de Berlin, sont également venus étudier ce monument pionnier pour l'usage des premiers ciments " non armé ".
Les techniciens du groupe ROCEM pour une mission d’étude européenne de restauration du patrimoine des premiers bétons, étaient accompagnés de techniciens Vicat. Leurs connaissances et expériences de l’architecture en béton en Allemagne, pays de l’Est, Italie et d’Angleterre, leur permettent d’affirmer que
" nous avons dans notre région beaucoup de réalisations uniques, avec La Casamaures comme phare, que bien des pays européens nous envient ".

Dans l’agglomération grenobloise, toute l’histoire des premiers édifices en ciment, est rassemblée entre la première cimenterie 1842, les édifices en ciment moulé, puis en béton armé. Ils ont apprécié à sa juste valeur le guide " L’Or Gris du Grand Grenoble " tout en déplorant comme moi qu’il n’y ait eu aucune aide locale (CPI, Grenoble ou conseil général de l’Isère pour éditer un livre plus important avec toutes les photos du reportage de Pierre Grall).

Le deuxième intérêt de leur visite était de voir les garde-corps reconstitués à l’identique depuis 1996. En tant que maître d’ouvrage, je surveille cet été la sixième tranche de réalisation : 15 mètres terrasse ouest. Les fibres de polypropylène tissent le mortier et évitent un ferraillage qui craint à long terme les écarts de température et la rouille de l’armature métallique avec l’humidité (voir la triste Tour Perret de 1925, un monument historique sans entretien municipal depuis des décennies. Pourtant les maires se succèdent et leur bureau officiel à l’hôtel de ville donne sur ce parc Paul Mistral et la tour d’orientation, la plus haute d’Europe construite pour la Foire internationnale de la Houille Blanche).

Le troisième sujet d’enquête était les galeries de " roches à ciment " devenant du prompt naturel, qui sont à 200 mètres de ce prototype d’architecture en premier béton. Les ciments de la Porte de France de 1842 ont été rachetés par Vicat en 1970. Les mineurs extraient toujours dans les galeries le ciment naturel le plus pur d’Europe !
Les dauphinois ont oublié qu’en 1880, Grenoble était le premier site exportateur de ciment en Europe.
Les Initiatives et la persévérance des amis de La Casamaures permettent d’ouvrir aux chercheurs ce lieu unique. La villa mauresque est devenue un sujet d’analyse pour les programmes de restauration des architectures de béton comme la mission d’étude en cours des laboratoires nationaux de Champs-sur-Marne du Ministère de la Culture.
***
Simon Swann, Architectural Conservator
Avocet Cottage. West End. Wrentham. Suffolk NR34 7NF. UK
Many thanks for the photos you have sent of Casamaures and the tour of Casamaures we had in the spring ( arranged by VICAT for our ROCEM group).
As you know the project that I have been involved with in England at Castle
House in Bridgwater. Somerset is also a building made with prefabricated artificial stone for the main facade(using a type of natural cement binder).
I have a lot of information. I could send you on this if you or your organisation are interested, Please let me know. In the meantime I will send you a few photos and some other information.

The repair work on Castle house, which is in poor condition, has not yet started and it is possible that we could learn from your experiences in conserving Casamaures, so I will copy this email to my client in this project which is SAVE (Britain's Heritage).
Many thanks for your correspondence…

M. Ultrich ****
"GWD-Berlin"
Dear
At first I want to thank for your hospitality and your kind guiding through the town and all the objects. It was very impressive to see all these things, we will report on our meeting in September to the ROCEM group. We will give you a copy afterwards.

14 avril 2005

Lili de Nantes&Jeanne de Paname


Lili de Nantes&Jeanne de Paname reperent tous les porteurs de cravates et les appellent mon President...
Entourée d'officiels, elles improvisent et jouent les touristes naives qui colportent de faux clichés, histoires mirifiques des lieux...
M. Dominique Petelaz de Vicat: comment vous êtes venu vous???
- par amitié pour les lieux, les habitants
- et bien nous en train!
Leurs décalages de ton, de propos fait rire et décrispent certains élus qui ont tellement peur d'être agressé verbalement sur leur vote tout pour la voiture, tant pis pour la culture, et le vote unanime de la Métro depuis 1999 de créer pont et voirie sur la parcelle de la Guinguette...La cohabitation entre artistes et politiques passe et tous les responsables sont lucides pour les enjeux de l'agglos de 20 ans de non entretien des abords d'un monument porte de Grenoble.
Nos ambassadrices de la bonne humeur assistent à tous les aubades musicales, et surtout sont hyper-attentives lors de la création de "Monsieur le conte de la Casamaures".

07 avril 2005

criss cantatrice

Jacques Marie Francillon joue au reporter photographe ami
Dans le quatuor de flute, je m'improvise castafiore
Fantastiques sont les aubades de l'école de musique du Foyer Art et Loisir car les jeunes musiciens donnent une vie musicale à l'ensemble des lieux. Les petits comme les grands visiteurs ont tous le sourire. Même les très anciens du genre 4è age, sont descendus en voitures, fauteuils, cannes pour se mêler à la fête de la maison qu'ils connaissent depuis 80 ans et plus. La gaité est communicative grâce à notre complicité avec Pierre Moly, notre voisin du quartier du Belvedere.

06 avril 2005

Clone en béton bleu d'Etienne Borgo

Deux voyageurs: Etienne et Miké venus d'un village près de Digne, ont découvert notre décor de charme et rencontré des artistes de l'association lors du triple anniversaire du 2 avril.

- Dimanche dans leur chambre d'hotel de Formule 1, les deux complices faisaient le moulage en bandes plâtrées du corps d'Etienne
- Mardi dans le jardin bleu, c'était chantier béton pour remplir le moule de plâtre
Je leur passe mon pigment bleu spécial béton pour teinter l'épiderme d'un clone humain. Energie, humour et utopies aident à fabriquer les multiples gamâtes de ciment artificiel Vicat.
- Mercredi, Etienne enterre la sculpture qui va germer dans le jardin bleu.
Un "corps en or gris" va naître dans l’ombre protectrice du jeune cèdre du Liban planté avec les enfants en 2001... Les bandelettes de la momie blanche, du cocon laisseront apparaître un humanoïde en symbiose avec la prairie de phacélie, encadrée d'une broderie d'iris, lavandes, périoskia, carioptéris, glycine, lilas. Tout un microcosme végétal d'une palette bleue et verte devient le berceau d'une sculpture humaniste.
Ce printemps nous verrons l’éveil d'un être végétal dans les herbes du jardin bleu...

Suite à trois anniversaires historiques :
Après 5 jours de gestation.
Né le 6 avril au soleil.
Environ 80 kilos en Or gris.
Pas de dent, ni cheveux…
Sexe indeterminé
De race blanche, or et gris
...
Un être mi végétal, mi minéral issu du jardin d'enfant qui pourrait s'appeller JOSEPH-ETIENNE-MIKE
Pour son premier goûter de jeune européen qui dort sous le cèdre du Liban, nous mangeons des dragées bleues évidemment.
Son baptême officiel sera le 5.6 juin pour les Rendez-vous aux jardins, organisé en national par le Ministère de la Culture.

30 mars 2005

Unis cité


De jeunes volontaires pendant un an donnent leurs énergies et offrent leurs solidarités pour aider des projets humanitaires en France, des associations dont les objectif sont généreux et altruiste.
En 9 jours, Vanessa, Julie, Gaelle, Benoît, Olivier dérouillent la grille d'accès de la porte d'entrée du monument. Ils déblayent la peste végétale des polygoniums bambous. Témoins de l'organisation d'une vaste organisation qui touche une centaine de bénévoles, ils assistent en direct à la lutte téléphonique pour persuader les services verts de la ville de Grenoble à venir avec un engin dégager les broussailles qui envahissent depuis 7 ans le talus, (achat par la Métropole des entrepôts riverains du Bon Lait, gestion culture Ville de Grenoble).
Ils assistent à l'arrivée du cadeau d'anniversaire: une palette d'une tonne de ciment artificiel offert par la Société Vicat. Un camion de big bag de tonnes de sable. La bétonnière orange de Geo descends de St-Pierre-de-Chartreuse pour l’atelier moulage de ciment.
Au quotidien, ils découvrent la patience et les impatiences face à l'inertie pour bébloquer par exemple un bloc de toilette mobile utile lorsqu'on reçoit plus de 500 personnes en un jour. Chaque jour, les mails communiquent pour la concrétisation des engagements de la ville de ST-Martin-le-Vinoux. Les services techniques s'activent pour poser les deux panneaux signalétiques, nettoyer le trottoir, monter la sono, amener des marabouts (qui finalement ne seront pas monté car le grand soleil est au rendez-vous). Gaelle, Delphine, Sophie aident à l'envoi de 500 invitations en mairie. Le buffet oriental est attendu.
Repas en commun sous le magnolia ancestral, thés et réunions de chantier. La Casaruche turbine, toutes les abeilles ouvrières dorment du sommeil du juste chaque nuit, suite des fatigues accumulées du mois de mars.
Neuf conteurs repètent le soir. Les jeunes musiciens jouent et s’échangent des déguisements. Nous attendons de joyeuses surprises…

19 mars 2005

Le marchand de sable

Le 19 mars 1981, j’ai signé l’achat d’une villa, j’ignorai qu’elle changerait totalement ma vie. Pour le notaire maitre Grosset, c’est " l’histoire la plus rocambolesque de sa carrière ! Cette ruine est devenue un monument historique dont il est fier d’être un grain de sable positif dans l’histoire de son sauvetage.
Dans l’allée des pavés japonais en ciment prompt, j’attends le chauffeur de camion qui vient livrer deux big-bag. Quelques tonnes de sable pour constituer un atelier à ciel ouvert de moulages de ciment de " Sculptures de Jardins " afin de questionner concrètement le rapport Nature/culture.
Dans ce compte à rebours moins 13 jours avant la grande fête des 3 anniversaires du 2 avril, je me sens agitée de mille idées à réaliser mais des épaules pas assez larges pour pouvoir tout faire en autonomie. Il faut demander l’aide des 5 volontaires d’Unis-Cité. (Ces jeunes citoyens généreusement offrent un an de bénévolat a des associations humanitaires grenobloises). Ils voient que je souffre à monter et redescendre tous ces escaliers, mon corset me trahit lorsque je dois me baiser ramasser des outils, petite soldate courageuse je me tais et serre les dents, mais ils observent combien c’est lourd pour moi de transporter une simple chaise en plastique. Pourtant je continue de jouer au chef d’orchestre en guidant le chauffeur du camion de sable perdu dans la banlieue qui enfin arrive à 11h.
Tous les espaces extérieurs sont parcourus en tous sens par des jeunes avec des outils.
Delphine, Gaëlle, Sophie partent en vitesse en mairie pour mettre sous enveloppe 500 invitations officielles pour le 2 avril, 1/3 viendront voir l’expo, écouter les discours, manger des gâteaux et boire du thé à la menthe à profusion ! D’autres profiteront des aubades de jardin en musique et en contes…
L'équipe des 3 stagiaires du lycée Horticole : Julien, Katelle, Damien finit les plots de ciment de 9 arches de leur tonnelle et un chantier peinture bleu outremer. La tonnelle soudée et posée cette semaine avec l'aide de Fabien est inaugurées dans la joie par un repas sous le magnolia patriarche. 14 personnes se régalent du fraisier d’anniversaire de Delphine. Cette stagiaire de l’ESAIL Lyon avide d’information accumule les documents pour son diplôme d’architecte d’intérieur en juin " détails d’architecture en Or gris ".
Arrive Mélisdjane danseuse, conteuse avec un cadeau calendrier du Rahjastan et son technicien André-Paul Venans pour organiser les 3 spectacles de Mai en co-organisation avec le festival des des Arts du récit en Isère.
J’enchaine avec Christine Hays et l’association Fluid Image pour l’organisation du festival Zone IP de Juin. Tout le monde se croise sous le grand magnolia centenaire.
Arrivent nos voisins les jardiniers municipaux des Dauphins qui viennent nous montrer des " filles de l’air " pour le projet de décorer le grand magnolia grandiflora pour les Rendez-vous aux jardins du 5 Juin.
La petite ruche créative bourdonne de projets, un plaisir épuisant !
24 ans de travail quotidien, souvent je pense aux femmes anonymes qui remontent la terre des rizières, et je lève la tête vers les décors de couleurs, les colonnades encore étonnée de mon aventure casamauresque.

ministere culture d'inscription en classements

Les étudiants me harcèlent de demandes pour découvrir mes archives. Autant les lister chronologiquement, ce que je fais ce soir de déluge de pluie. Mais de relire les papiers officiels me fait retomber dans des souvenirs d’aventures humaines, de tracas administratifs, de constat d’inertie quand on lit des courriers demandant au maire depuis 1986, la valorisation des abords …

Les aventures des trois rachats et la série des trois protections du monument historique, illustrent la saga de la casa.
1) Achat 19 mars 1981 à monsieur Xavier, Raymond François Marie du Trémolet de Lacheisserie et son frère Antoine. Le notaire maître Grosset m’avouera ensuite que cet " achat est le plus rocambolesque de sa carrière ", suite aux suspens de la signature du compromis de vente. Les rendez-vous étaient annulés par les deux frères et ils arrivèrent avec plus d’une heure de retard pour la vente. Un manque étrange de politesse peu aristocratique. Nous avons compris après, ses réticences par rapport à une jeune femme de 28 ans.
La lecture du constat du 23 mars 1981 de maître N’Kaoua, rétrospectivement me fait peur.
" Cette maison est dans un état de délabrement et d’insalubrité qui la rende inhabitable " et il énumère : fuites en toitures, infiltrations d’eaux, planchers vermoulus, plafonds éffrondrés, électricité câbles volants, radiateurs non reliés à une chaudière, bris de vitrages,… Un décor de roman policier bien noir avec des terrasses envahies de végétation et détritus divers.

Trois protections du Ministère de la culture intensifient l’intérêt de la globalité de l’édifice:
1) A la Préfecture de Lyon, la COREPHAE vote l'Inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, le 4 juillet 1985.
2) A Paris, le 24 février 1986, la commission nationale supérieure décide à l’unanimité le classement, (arrêté du 5 mai 1986)
3) Arrêté de Classement: MH 19 mars 1992 (extension de l’arrêté 5 mai 1986).
" Portant classement parmi les monuments historiques de la Casamaures en totalité, y compris les terrasses et l’Orangerie ".

Bilan : 11 ans jour pour jour, l’intégralité des 3 parcelles est protégée par le ministère de la culture, sur les 4 niveaux de l’architecture. Depuis l’inscription de 1985, la loi de 1913 de protection du périmètre de 500 mètres des abords devrait être appliquée.

Rapport de classement du 24 février 1986, par monsieur Enaud.
La maison Casamaures " a été édifiée sur une hauteur au-dessus de l’Isère de 1855 à 1867.
M. Thuillier insiste sur l’intérêt de cette villa représentant le début de l’histoire du béton et caractéristique du style néo-mauresque.
" considérant l’intérêt représenté par cet édifice dans le domaine de l’architecture orientaliste et en tant que prototype d’une technologie nouvelle, la commission nationale supérieure, donne un avis favorable… "

Quelle est la superficie de cet édifice ?
Il y a eu trois achat pour remembrer sous une même toiture ces trois parcelles. Je dois me replonger dans les textes, cherchant le " cadastre section AT ",
N° 301 d’une contenance de 40 ca (achat 5 juillet 1991). Appartement donnant au 13 rue de la résistance.
N° 302 d’une contenance de 6a 2 ca (8 janvier 1982), (suite au partage en 2 lots)
N° 319 d’une contenance de 2a 41 ca (24 octobre 1989), parvis orangerie à la société Cofradel, Compagnie française du grand Delta, lors de la vente des entrepôts à Peldis, une centrale de camions frigorifiques.
Total, une parcelle de 64. M2

Sur le POS, le site de la Guinguette, est une zone UD à vocation culturelle. C’est une hérésie quand on constate pendant 6 semaines l’envahissement d’un parking de masse de voitures de la foire de l’Esplanade pour les rameaux.

Quelle est la superficie habitable ?
C’est le plus difficile à estimer. Selon le froid hivernal ou la canicule estivale les salons, le jardin d’hiver, l’Orangerie sont gelés ou étouffants avec l’effet de serre des vitrages.

Le ministère n’oblige pas à ouvrir aux visiteurs.
Dés l’achat, l’association arbrico organisait déjà des évènements avec des artistes. La muse Casamaures depuis 24 ans fait de l’aide à la création contemporaine, non subventionnée.

17 mars 2005

photographes-explorateur

Deux classes de l’école Village sont descendues du côteau par la rue de la Libération. De loin on a entendu le pépiement exité des photographes amateurs venus en reportage dans une maison aux couleurs de l’arc-en-ciel…
La transformation de l’Orangerie en une chambre noire géante sert de mystérieux laboratoire aux lampes rouges. L’alchimie de la transformation du papier blanc en image fascine les petits qui adorent les expérimentations. Christophe Huret essaye de contenir l’enthousiasme des galopins qui courent de partout dans les jardins avec leurs boîtes à lait transformée en appareil magique pour saisir les facettes immatérielles de ce décor bâti sur 4 niveaux. Des fillettes posent très sérieuses. Les copines sont ensuite surprises de se retrouver toutes blanches, sens inversé, avec les déformations des rambardes qui se contorsionnent en envolées lyriques. Le charme désuet des sténopésphotographies défie le réalisme. Ils apprennent à voir, à prendre le temps de sélectionner un fragment, le cadrage d’une scénette.
Les garçons s’approprient la grande moto de Jeff et les filles des parterres de fleurs. Elles posent très sérieuses adossées à une colonne ou devant les cadrans solaires peints.
En notre période de jetable, de photos numériques, ils apprennent le temps de créer et développer des images comme il y a 150 ans au milieu du XIXe siècle.
Ils posent, essayent de ne pas bouger tout en comptant à voix haute jusqu’à 49, un exercice de calcul imprévu qui demande un très grande concentration. Tous les jardins s’égayent de rire. Des instants poétiques déclamés en chiffres font des échos sur les terrasses. C’est une belle journée d’échappée de classe en vacances sous le chaud soleil du printemps. Les premières fleurs: violettes, jonquilles, narcisses, jacinthes pointent en sortie frileuse de l’hiver. Il y a juste une semaine, c’était un jardin de neige.
Les complices petits nains de jardins se chuchotent des secrets et se penchent l’œil expert vers les végétaux, les coquilles d’escargot, trois coquillages égarés. Ils chassent des trésors miniatures. Les deux poissons un rouge et un albinos nagent en vedette dans le petit bassin miroir du grand magnolia. Mes petits voisins du côteau du Belvedere sont devenus des explorateurs des détails d’ornement d’un monument.

03 mars 2005

Grande Genevieve

Bon anniversaire la grande, merci de m'envoyer des mails pour le blog
"Je me rappelle la première fois où je suis entrée dans la maison en ruine
Après l’achat le 19 mars 1981
Ce jour là, ma sœur propose à nos parents et à moi-même de visiter la maison de ses rêves.
Une porte en bois, qui s’ouvre au premier courant d’air, nous laisse découvrir aisément une maison à l’architecture exotique aux terrasses effondrées.
Nous déblayons les détritus dans les escaliers pour accéder au sommet à droite à un large couloir. Du semblant de toit l'eau goutte allègrement. En coulant sur les murs, elle dessine des clins d’œil d’arabesques éphémères et scintillantes.
Nous montons l’escalier en bois.
Au premier étage sont posés au sol des bassines qui récoltent l’eau du grenier lui-même récoltant l’eau du ciel puisque le toit est pratiquement virtuel.
On marche sur des planchers oscillants sur lesquels les rats et souris ont joué au Petit Poucet avec leurs excréments.
Des parpaings, des bouts de cartons ou des trous béants remplacent les baies vitrées.
* Dans une pièce encore plus dangereuse à traverser, tant le plancher est proche de l’effondrement, des blocs de polystyrène forment un cube d’environ deux mètres de côté à l’intérieur duquel des fils électriques dénudés sont branchés à un radiateur électrique !
Notre père, interrogatif au départ de l’expédition, blêmit de plus en plus au fil de cette visite et l’enthousiasme de ma sœur ne parvient pas à cacher la multitude de chantiers sur le gros œuvre avant qu’elle devienne habitable.
En arrivant, dans ce que l’on nomme à nouveau le jardin d’hiver, à la vue du désastre, il explose en commençant par " Tu es folle à lier ma pauvre fille ! "
Je vous passe la suite. Sachez seulement que les plus grands ténors ajoutés aux grandes ogues de Notre Dame de Paris n’auraient pas couvert sa voix.
Si la toiture n’était pas déjà effondrée, sûr que ce jour là on se la prenait sur la tête.
Pendant cette tonitruante conclusion de visite, j’observais les colonnades, cette façade débordante d’ornementations, les vitrages multicolores du 2eme sur lesquelles étaient dessinés de drôles de calligraphies et le seul petit cœur bleu, dans l’entrelacs de l’entrée du salon. Discrètement il palpitait ! J’étais fascinée, admirative et conquise. J’oscillais entre le désir de connaître son mystérieux passé et écrabouillée par la conscience des difficultés dans lesquelles ma sœur voulait s’engager.
Notre père, qui avait construit lui-même sa maison à Meylan, campa sur son opposition formelle et leva le camp en la laissant définitivement se débrouiller puisqu’elle l’avais acheté seule…
Elle s’obstina et se lança contre vents et marées dans cette incroyable aventure :
Haut les cœurs, les manches de chemises et chemisettes. Y’a qu’à tout restaurer !
" C’est un fameux palais fin comme un oiseau
hissez haut, Cas’ amore(s) "

24 ans plus tard, mes pas s’arrêtent devant la lourde porte étoilée.
"Salut la mirifique"
Geneviève

(Note de la claviste
Ce coin de chauffage provisoire était un refuge en auto-construction de Xavier du Trémolet de Lacheisserie: un architecte propriétaire avec son frère pour 5 ans et un mois de la maison en ruine. Il la revendit ainsi 6 fois plus cher sans plus value en 1981. Suivant le compte à rebours, en 1952 les Entrepôts du Bon Lait furent bâtis par la Société Laitière moderne, compagnie du grand Delta qui loga ses ouvriers dans la maison jusqu’en 1965, avec des bureaux au niveau des ateliers. Sans entretien, l’habitation devient insalubre. Selon les témoignages d’anciens locataires, suite à la chute d’une moulure de ciment de l'acrotère, un ouvier fut blessé.
Le toit de zinc percé laissé passer l’eau sur deux étages, jusqu’aux salons dont on voit encore des traces…
1965-1974: Les clochards s’installèrent faisant des feux avec les planchers, les placards, les portes…
Lire le constat de maitre N’Kaoua fin mars 1981