24 décembre 2004

Tout débute ce matin du traditionnel 24 décembre où je m'écris une lettre au Père Noël, ce père virtuel qui par magie pourrait concrétiser tous mes désirs irraisonnables. Il suffit de rêver un peu et je sens que la liste pourra être longue, aux limites infinies dans l'espace-temps, constituée d'une myriade de petits détails en constellation au gré de voyages en Cas'amore.
Premier souhait: une gazette-web qui sera un journal d'historiettes, des histoires vécues au jour le jour dans le cadre d'un monument photogénique. Une saga de grenoblois qui zappent sur l'écran d'un grand décor de film, des acteurs amateurs d'un théâtre vivant au quotidien. Comment trouver un titre à mon carnet de bord, qui pourra devenir de futures archives imagées de la grande galère de Casamaures 2005?
Complice webmaster, l'internaute Jeff planche sur mon premier souhait en découvrant le paysage mondial des bloggeurs.
Primo: comment écrire sur mac en times new roman au gré de mes petites aventures quotidiennes?
Deuxio: sur le calendrier rassembler mon microcosmos en carnet de route weblog.
Terzio:livrer cette salade tutti fruiti exotique à d'autres lecteurs éventuellement curieux des voyages immobiles en Casamaures.
In fino recevoir des échos de mail avec le plaisir des questions-réponse in live. J'ai un peu peur des criticaillons face au parler-écrit avec un sourire. Ne pas se prendre au sérieux lorsqu'on est une conservatrice bénévole de monument historique, est une base vitale pour pérenniser une maisonnée où l'imaginaire est une règle de vie.
Les lecteurs qui connaissent les lieux pourront se localiser sans problème majeur dans l'espace du palais orientaliste. Scrutant la mosaïque de photos jointes, les inconnus s'imagineront l'ébauche d'un royaume Casamaures qui aurait l'espoir de devenir une commune libre comme à Montmartre! Peut-être un jour ensoleillé,un européen qui aura surfé sur ce carnet au bord d'une belle galère, viendra de visu découvrir les chantiers de restauration, les plantations des jardins exotiques ou assistera à un conte d'Orient de Mélidsjane? Dans ma galerie de portrait, il découvrira le franc parler des casamauriens. Et puis comme chacun dans son cœur d'enfance est un sentimental fleur bleu,il écoutera les 150 histoires d'une Cas'amore. Il y a 150 ans, était une fois un homme et une femme… Joseph et Marie Jeanne ont dû rêver pour leur Noël d'acheter un terrain LA GUINGUETTE…
C'est Noël aujourd'hui, voulez-vous jouer à écrire avec moi en 2005?
J'aimerai échanger librement une histoire à mille et une mains, dont le cadre et le sujet serait un Orient alpin dans un écrin de verdure exotique sous la neige.
Mon mac portable bien installé sur le plateau sur le lit, je cogite et pianote au chaud de ma troïka coucouning. Tout d'abord comme une fée, j'aimerai donner au mythique Saint Nicolas des aides bien réelles. Comme bras droit pour mon Vishnou Pépère Noël, parfait sera le grand Jeff à l'esprit lutin non conventionnel qui vient de m'offrir un sac bleu en forme de théière! Son cadeau de Noël sera ma lampe d'Aladin.
Deuxième souhait: je soulève le couvercle de la théière et hop par la fenêtre je vois tomber de la neige sur le massif de Chartreuse et la Bastille cette montagne qui s'arrête dans une rivière et la cité mégalopole. De la fenêtre du salon vert, j'observe du sucre blanc saupoudrer en gâteau noix de coco les deux pyramides montagneuses (comme ces boules de neige d'archétypes populaires où il neige sur la tête du Pape momifié ou du Che de Cuba). Je serai toujours étonnée de vivre aux portes de Grenoble et de pouvoir observer du jardin en terrasse, les pyramides: le Pieu et l'Epérimont où plus de 2000 mètres vous contemplent. Deux triangles piles dans l'axe sud juste en face de la Casamaures sur les contrefortsdu massif du Vercors. Je m'accoude sur le garde-corps et hop! je pars en Egypte avec les 22 savants de Bonaparte. Didier de Brigaudière raconte que sa grand-mère disait que les sorcières venaient danser sur le pyramidion les nuits de Sabbah. Elles grimpaient cueillir des sabots de Venus. A leurs pieds à Vif,la maison familiale de Champollion le décrypteur de hiéroglyphes, un de mes héros d'enfance vient d'ouvrir aux egytologues internationaux.
Sur un imaginaire tapis volant des mille et une nuits, une Shéhérazade moderne s'envolerait sur des nuages de pollution sur l'autoroute A48 qui longe l'Isère. Notre villa mauresque est un prétexte architectural pour remonter dans le temps, dans les cultures d'Occident et d'Orient. Hommage aux voyageurs orientalistes, elle est encadrée de routes de Lyon, aujourd'hui la départementale D104 avec 15000 voitures jours. L'ancienne "Route nationale" était une "Route impériale de Châlon-sur-Saône" parcourue d'hypomobiles au XIXe, les pataches, les carrioles des paysans chartroussins. A l'origine les cavaliers galopaient sur la "Voie Royale" qui partait de l'octroi à La Porte de la France (créé en 1620 par le Duc de Lesdiguières). Au fil de l'Histoire des dauphinois s'accrochent des romans passionnés de grenoblois du XIXe à nos jours.
C'est Noël, à midi il pleut de la neige fondue sur la métropole, il neige à gros flocons sur les montagnes gigantesques qui nous encerclent. Petit poucet qui veut faire se déplacer les montagnes de l'indifférence, je sais que demain je marcherai sur un vrai tapis de neige…
Image: enfants voyageurs

Noël Casamaurien